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Accouchement à domicile vs. accouchement à l’hôpital : le mythe de la sécurité

On dirait que toutes les sociétés sont construites sur base de violences multiples, institutionnalisées et apparemment généralisées : la domination des plus vieux sur les plus jeunes, des homme sur les femmes, des experts sur les profanes, les riches sur les pauvres, etc.

Peu d’événements incarnent si bien cette multiple domination comme la naissance des êtres humains. Ce qui pourrait sembler normal puisque dès que le bébé apparaît, la société souhaite lui imprimer sa marque, le domestiquer, le séparer de la fusion avec le corps maternel. Ordonner le chaos.

Dans les sociétés « traditionnelles », les rites visent à inscrire le nouveau membre dans leur filiation, à chasser les mauvais esprits, à le protéger des forces surnaturelles et d’autres agents morbides, selon la cosmogonie propre de la société en question.

Dans nos sociétés, les bébés naissent sur l’autel de la science. On nous consacre, avant même que nous respirions, au dieu de la technologie. Échographies pour détecter des malformations et maladies, examens et diagnostics, mesures et analyse. Les rites de la naissance dans les hôpitaux nous confortent dans la croyance que nous pouvons tout contrôler et que ce contrôle est bon pour nous.

Sans ignorer les bénéfices indéniables des avances scientifiques pour détecter et traiter des pathologies liées à la gestation, à l’accouchement et au postpartum, il convient de se demander quelle est leur place. Est-il indispensable de faire un test de glucose à toutes les femmes enceintes ? D’appliquer des hormones synthétiques à toutes les parturientes qui tardent à dilater ? Utiliser un monitoring continu pendant des heures apporte-il une information réellement indispensable ou augmente seulement les risques de souffrance fœtale ?

Voilà les questions que l’institution hospitalière ne peut pas se poser jusqu’aux dernières conséquences. L’hôpital est une institution totalisante, uniformisante, homogénéisante. Les institutions comme les hôpitaux ont une logique de rentabilité et d’efficacité. Elles sont destinées à une prise en charge industrielle. L’homme doit s’adapter à la technique, la technique ne peut pas s’adapter à la infinie diversité humaine.

Gestion du personnel, gestion du matériel, gestion des espaces, gestion des risques, administration des coûts… voilà les logiques hospitalières.

Voici la logique de la société post-industrielle. Voici la logique violente que l’hôpital inscrit dans nos corps de femmes donnant la vie et dans les premières heures de vie de nos enfants. Cette violence est nécessaire quand un danger plus grand nous oblige à avoir recours à la science et à la technique pour faire face à un problème suffisamment grand, qui justifie de nous soumettre à ces logiques déshumanisantes. Recourir à la science quand la vie a besoin d’une véritable aide et ne pas lui abandonner notre corps et nos affects.

Rester à la maison tant que la vie se suffit à elle même nous garantit la sécurité qui découle du fait d’être respectées. Partir à l’hôpital quand la vie se gâte pour chercher ce qu’elle a perdu et, surtout,… s’approprier le pouvoir de savoir quand la ligne entre les deux a été traversée (ou déléguer le pouvoir à une personne qui possède les outils pour savoir si on a traversé cette ligne, sage-femme, doula, médecin ou un/e autre qui le fait en respectant notre humanité).

“Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre… et tu finiras par perdre les deux!” T Jefferson

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Seulement 4% d’accouchements ont lieu à domicile

Le CRIOC vient de publier une étude sur la maternité.

On y apprend, à travers un “échantillon aléatoire stratifié…” que la plupart de jeunes mamans est satisfaite de leur accouchement en maternité. Les critères?

- la disponibilité du personnel

- la modernité/propreté des locaux

- pouvoir recevoir des conseils pour nourrir son enfant

- conseils pratiques pour soigner bb

- possibilité de la présence du père lors de l’acc.

- conseils pour l’allaitement

- le confort des chambres

Il paraît que “seulement 4% d’entre elles, parmi les plus âgées, ont accouché à l’ancienne, à leur domicile.” Nous y voilà, l’amalgame est faite : “accouchement à domicile – plus âgées – à l’ancienne”.

A quand une étude COMPARATIVE???

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“Révue de web” sur l’Accouchement à domicile

Voici quelques nouveautés sur la toile à propos de l’aad (en Belgique surtout!) :

les mutualités commencent à adapter leur services

on peu désormais louer du matériel spécifique pour l’aad

et il y a même une prime à la clé dans certraines assurances hospitalisation (je trouve ça maigre par rapport aux ENORMES réductions de frais que ça réprésente pour la collectivité… mais bon, c’est un début!)

comparez vous-même la différence de couts entre une accouchement à l’hôpital et un accouchement à domicile!!!

et petit à petit l’idée fait son chemin parmi les socialistes aussi

et même la région de Bruxelles capitale en parle plutôt positivement!!! (par contre, c’est faux qu’il n’y a pas de centre où accoucher dans l’eau à BXL! on peu accoucher dans l’eau à St Elisabeth! Et une maison de naissance va bientôt être ouverte dans la capitale!)

et un truc auquel je n’avais pas pensé : faire appel aux services de soins à domicile en cas de besoin d’un coup de main… bien vu!

et une affaire à suivre : le cd&v nva aa posé une question au sénat concernant l’évolution des % des accouchements à l’hôpital  et à domicile pendant les 5 dernières années (suite à l’apparition d’une thèse qui avance que les femmes sont plus satisfaites de leur accouchement en flandre qu’aux pays bas) affaire à suivre! j’avoue que je suis curieuse de voir où ça mène…

Mais il y a des trucs nuls aussi, je mets pas les liens pour ne pas leur faire de la pub (le ligueur, toujours aussi fermé donne, par exemple une info biaisée et fausse! )

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Isabelle Brabant : une sage-femme pour délivrer la naissance

Dernier article à moi en collaboration avec AlterNatives asbl et paru dans la revue PARENTS.

Parallèlement à la multiplication des demandes des parents pour une plus grande humanisation des naissances, quelques figures se sont mobilisées pour redonner aux sages-femmes une place plus ample dans l’univers des métiers qui entourent la grossesse et l’accouchement. Parmi celles-ci nous comptons Isabelle Brabant, sage-femme canadienne et auteure du livre « Vivre sa grossesse et son accouchement. Une naissance heureuse ».

Ce livre a été publié pour la première fois en 1991. Très vite, il s’est transformé en un des ouvrages de référence pour les femmes qui cherchaient des réponses souvent introuvables ailleurs. Des femmes pour qui « Vivre sa grossesse et son accouchement » est devenu une sorte de bible que l’on consulte en toute occasion : apaiser ses peurs, dissiper des doutes, trouver une solution à un petit inconfort physique propre à la grossesse ou tout simplement pour se préparer aux sensations qui viendront plus tard, pendant l’accouchement.

Une deuxième édition, re-visitée et nourrie d’un chapitre sur la physiologie de l’accouchement est publiée en 2003 en Europe. Isabelle Brabant a voulu proposer une descrïption différente de celui-ci, souvent traité de manière technique et froide dans la plupart des ouvrages. Pari réussi ! C’est un véritable plaisir de découvrir que les processus qui nous permettent de donner naissance n’obéissent pas à une équation identique pour toute l’Humanité et que les rythmes des femmes et des bébés sont divers. Il est profondément rassurant aussi de savoir que des sages-femmes qui sont à l’écoute de leurs patientes peuvent identifier et respecter ces différences de cadence et d’expression. Nous sommes loin des formules toutes faites, du style « si les contractions viennent toutes les x minutes, il est temps de se mettre en route vers la maternité ».

En effet, lorsqu’on recherche davantage qu’un suivi médicalisé de la grossesse, les oreilles les plus attentives aux besoins psychologiques et affectifs des mères et des couples se tournent bien souvent auprès des figures « ancestrales », comme ce sont les sages-femmes. Mais, attention ! Ne nous trompons pas : lorsque nous parlons de « figure ancestrale », nous n’abordons qu’une dimension de leur profession. Actuellement, ces professionnelles de la santé suivent une formation complète et rigoureuse, leur permettant d’assurer de manière autonome le suivi de toute grossesse et de tout accouchement normaux (non pathologiques). Si, en plus, nous nous trouvons face à une professionnelle qui, comme Isabelle Brabant, a plus de deux décennies d’expérience, nous pouvons être sûrs de la rigueur de l’approche.

Néanmoins, avec la généralisation des naissances à l’hôpital, la profession de sage-femme est longtemps passée au second plan. Leur formation, leurs connaissances et leur savoir-faire se sont vus soumis aux logiques hospitalières, les mêmes qui ont très souvent négligé les besoins d’intimité et de respect des rythmes de chaque femme et de chaque bébé. Dans le livre, les aspects psychologiques, relationnels et même philosophiques sont abordés. Par exemple, le premier chapitre « Le voyage intérieur » permet de réfléchir à la question de l’origine de la vie de manière rigoureuse, sans verser dans des tendances « new age », mais tout en gardant cette étincelle de spiritualité et de tendresse, si nécessaires lorsqu’on se construit en tant que mère.

Dans le même sens, comment vivre pleinement sa grossesse sans pouvoir mettre des mots sur nos sensations, nos doutes, nos peurs ? Comment faire des choix si personne ne nous explique que nous pouvons décider comment vivre notre grossesse et notre accouchement ? Car une naissance heureuse est aussi une question de choix en terme de préparation à l’accouchement, de choix : quel type de préparation à l’accouchement, un suivi par un gynécologue ou par une sage-femme, les examens médicaux indispensables et le lieu où enfanter. Souvent le schéma qu’on nous propose est univoque et restrictif. Selon certains professionnels, une grossesse pourrait se résumer à des examens de sang, d’urine, des touchers vaginaux, des échographies tous les x, éventuellement une amniocentèse et un rendez-vous avec l’anesthésiste ! Or, ce qu’Isabelle Brabant nous présente est un débat conscient et respectueux de chaque geste à poser en tant que futurs parents. D’une manière générale on pourrait dire qu’elle nous libère et libère notre grossesse et notre accouchement en nous rendant plus conscientes et plus responsables.

Beaucoup de femmes trouvent dans cet ouvrage une source d’inspiration et d’apaisement, d’autres le consultent pour y trouver des conseils pratiques pour, par exemple, soulager les maux de dos, trouver soi-même la position du bébé dans le ventre, aider bébé à adopter une position plus propice à un accouchement naturel ou préparer une naissance à domicile – puisqu’un chapitre entier est consacré à ce choix-. Que ça soit pour y trouver des tuyaux pour mieux vivre la grossesse ou pour affirmer des choix qui sortent des sentiers battus, comme l’accouchement à domicile ou le refus de certains examens, le livre d’Isabelle Brabant est une référence précieuse pour les futures mamans.

Ainsi, parmi les aspects qui sont négligés ou abordés de façon péremptoire et expéditive par la plupart de livres pour femmes enceintes et qui sont amplement discutés et approfondis dans « Vivre sa grossesse et son accouchement », il y a la question de la douleur des contractions et les moyens pour y faire face. Loin de proposer un débat stérile, qui se limite la plupart du temps au faux dilemme « pour ou contre » la péridurale, cet ouvrage aborde la douleur d’un point de vue différent. Des questions cruciales sont ainsi posées : quel sens a cette douleur pour moi ? Quelles souffrances passées y sont associées ? Quelles représentations et quels tabous ai-je intégré dans la construction de mon identité de femme qui m’empêchent de voir au delà de la douleur ? De nouveau, ne vous attendez pas à trouver des recettes-miracles ou des réponses simplistes. Isabelle Brabant vous invite à prendre en considération la liberté de mouvements, la position à adopter pendant la poussée, les sons, le toucher et tous ces détails qui relèvent du respect de l’intimité et de l’autonomie de la femme qui accouche.

Pourquoi ce livre est devenu un ouvrage de référence ? Il aborde tous les sujets auxquels une grossesse peut vous confronter : bonne nouvelle ou surprise, changements dans la vie de couple, préparation nécessaire de tous, visites prénatales, grossesse « à risques », handicap, avortement, fausse-couche, deuil, césarienne, accouchement naturel ou sous anti-douleur, interventions médicales durant la naissance (déclenchement, rasage…).  Outre ce mélange équilibré de rigueur et d’humanisme, des nombreux témoignages de jeunes mamans qui l’ont lu affirment que des chapitres comme « L’accouchement vu de l’intérieur » permettent de visualiser et d’imaginer assez précisément les puissantes sensations ainsi que les changements dans le corps et dans l’esprit qui surviennent lors d’une naissance. La raison de ce succès réside peut être dans le fait qu’on n’y parle pas de centimètres à dilater, mais de vagues qui vous rapprochent de votre bébé !

On pourrait presque dire que, parmi tous les outils susceptibles de vous préparer de manière optimale à une naissance, qu’elle soit la première ou pas, lire « Vivre sa grossesse et son accouchement » est l’un des incontournables.

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Parents actifs madeineurope : pour un congé de maternité plus long

Je vous invite à découvrir un blog très important : “parents actifs madeineurope“. Pour un congé de maternité qui nous permette de conciler vie professionnelle et vie familiale!

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Accoucher à domicile : au-delà de la peur.

Les médias de masse, toujours friands de sujets « croustillants » et susceptibles d’attirer l’attention de leurs consommateurs, semblent découvrir (enfin ? malheureusement ?) qu’il y une augmentation des naissances à domicile.

D’une part, l’information qui circule actuellement sur ces sujets dans la presse francophone et hispanophone est souvent biaisée, partielle et teintée de relents sensationnalistes. On compose le « pack » informatif sur l’accouchement à domicile avec la bonne vieille formule (celle qui vend à tous les coups) : peur, danger et affrontement entre la « vérité civilisatrice » et la « barbarie ».

La culture de la peur et les outils pour l’entretenir ne peuvent pas épargner la naissance !

D’autre part, on présente l’accouchement à domicile comme une option « en réaction à » la surmédicalisation et à la deshumanisation des naissances en milieu hospitalier.

Et si l’accouchement à domicile était un choix positif ? Dans les médias, personne ne met en avant le fait qu’on ait le choix, en tant que femmes, de vivre notre accouchement dans le cadre qui nous ressemble.

Les perspectives nous placent d’emblée dans cette logique d’opposition soit contre le danger de la non-médicalisation, soit contre le danger la surmédicalisation. Or, accoucher chez soi est un acte sécurisant en soi (il offre la sécurité qui découle du respect des besoins psychologiques et physiologiques de la femme pendant l’accouchement) et un acte positif : on choisit de donner naissance à la maison parce qu’on veut vivre cela d’une certaine manière, on a une idée de comment on veut accoucher, on est informée de comment est le processus.

Accoucher à domicile c’ est plus qu’une recherche esthétique, il nous libère de la peur et de la violence symbolique du pouvoir patriarcal-médical. C’est un acte libérateur.

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Coïncidence? Les femmes africaines ont trop de césariennes.

Ceci est un petit billet plein de colère… Les conclusions que j’y propose sont tout à fait intuitives… quoique… à la lecture de certains articles, il semblerait que mon intuition n’est pas si loin des statistiques.

Voici les faits :

2004:je suis enceinte, une collègue aussi… ma collègue est métisse et toutes les deux sommes branchées “non-violence”. Toutes les deux voulons des naissances sans violence et suivons des préparations orientées là-dessus. Hélas, elle m’apprends quelques mois plus tard, qu’elle a eu son bébé par césarienne. Absence de progression à 5cm de dilatation…

2008: autre amie, black, nous apprends qu’elle a eu son bambin par césarienne à cause d’un dépassement de terme et “un déclenchement raté”

2008 : autre amie black met au monde une fille pr césarienne. Elle était “trop grande” à l’écho pour passer par voie basse. Sa fille fait un “record” de 3200g (mes enfants ont fait 3500 et 3900 et moi je les ai eu par voie basse sans rien de plus qu’une éraflure!)

Coïncidence??? Je ne crois pas.

Mes observations sur la corrélation entre le statut des femmes dans la société et le respect de leurs besoins physiologiques lors de l’accouchement me fait craindre un sinistre déplacement d’interventions chez les femmes du Sud, ou des femmes qui ont le type physique qui fait croire, inconsciement, aux médecins qu’il se retrouvent face à quelqu’un de statut inférieur…

Je retrouvé ceci qui semble soutenir mon hypothèse : 25% de plus de césariennes chez les “noires africaines” dans une maternité française… certes, l’incidence du SIDA y est pour quelque chose, mais… c’est suffissant pour expliquer l’ensemble des cas???

Dans un autre document, le taux de césarienne augment avec le niveau socio-économique des femmes… inquiétant, n’est-ce pas???

A vous de voir…

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“Sage-femme : un métier pour la vie”

C’est le thème du dossier contenu dans le n° 100 de Chronique féministe (que je félicite au passage!!!).

Voici quelques réflexions suite à sa lecture :

1. L’amour-haine suscité par cette profession dans les sociétés occidentales : tantôt on les méprise, tantôt on reconnait leur importance et on veut les instruire, mais depuis le moyen-âge, il faut toujours qu’elles soient contrôlées. Par qui? d’abord par l’église, puis par l’autre religion, celle de la médecine moderne.

2. Les femmes de ma génération, nées en pleine explosion de la médicalisation des naissances, arrivent à l’âge de devenir mères tout à fait désemparées et dépassées par l’acte d’enfanter. Y a-t-il un lien? Est-ce provoqué par les interférences dans la mise en place de la relation précoce avec leurs propres mamans ? (Les années 60 et 70 sont des années où les bbs étaient séparés de leur mère à peine nés, les tétées règlementées par les horaires de la maternité et les mères n’avaient pas le droit de laver ou habiller leur petits! les s-f s’occupaient de tout!)

3. Dès que les médecins se sont appropriés de la naissance, ça a été l’hécatombe : ils dictent leur loi! Il faut les appeler quand ils sont “nécessaires” (c’est à dire quand le gros du travail a été fait par la s-f) et pas trop tôt car ça serait trop leur demander, ni trop tard car ça serait leur faire perdre des honoraires…

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The Business of Being Born : film évenement!

J’ai enfin pu regarder ce film magnifique. C’est un documentaire qui analyse assez profondément les dérives du système de santé aux USA en ce qui concerne l’attention aux femmes enceintes et parturientes. Édifiant! Même si les choses sont forcement différentes en Europe, les peurs, les mensonges et les préjugés véhiculés par les médias et certains médecins en ce qui concerne l’accouchement sont les mêmes des deux côtés de l’Atlantique.

Quelques thèmes abordés :

  • L’industrialisation des naissances : dans la plupart des maternités, ce qui prime c’est la logique de la rentabilité; La machine doit tourner, les grands alliés de cette approche sont les hormones de synthèse. on informe le moins possible aux mères de effets de celles-ci…
  • L’histoire des méthodes modernes de la naissance. Ce qui m’a le plus choqué c’est la période du twilight sleep : des femmes ligotées et abandonnées pendant des jours, pendant qu’elle accouchaient… inhumain!
  • Les accouchements à domicile et leur simple et intime sécurité, y compris dans le cas de complications qui obligent à un transfert!
  • La merveilleuse profession de sage-femme! Leur sensibilité, leur habileté à communiquer avec les femmes…

Finalement, ce témoignage d’un responsable au sein de l’OMS, qui raconte comment les gynécologues bien pensants se moquent et essayent de discréditer les accouchement à domicile.  Dans son rôle d’autorité de la santé publique et dans le cadre de conférences sur la santé périnatale organisées par l’OMS, il défend cette option et se trouve face à des réactions négatives, presque combattives. Il demande aux participant s’ils ont déjà été présents lors d’un accouchement à domicile… aucun ne l’a fait!!! Il dit “Vous êtes des géographes en train de décrire un pays que vous n’avez jamais visité”.

Moi, j’y ai été : c’est un pays où il fait bon vivre, où on est en sécurité!

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La nouvelle naissance des pères


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Mise en ligne par paohidalgo

Voici la première page de ma première contribution avec AlterNatives asbl, parue dans le magazine “Parents” de juillet 2008. Le texte intégral le voici (impossible de trouver le lien dans leur site):

La nouvelle naissance des pères

Papa coach. Papa masseur. Papa haptonome. Papa assistant de sage-femme (sage-homme ?). Papa faisant bouillir de l’eau. Papa distribuant des cigares dans la salle d’attente. Papa tombant dans les pommes… Il y a mille et une façons de réagir, en tant que papa, à la naissance de son enfant. A chaque homme à naître en tant que père selon ses envies, avec son bagage, suivant le projet de naissance qu’il aura construit avec sa compagne et en improvisant avec l’inconnu que comporte toute naissance.

Depuis quelques décennies, les pères se posent davantage des questions sur leur rôle durant la grossesse, la naissance et l’éducation que leurs prédécesseurs. Ils peuvent difficilement s’en référer au vécu des générations précédentes, les rapports de genre étant dramatiquement différentes et en constante mutation.

Ils prennent part à des événements jusqu’alors purement féminins et leurs compagnes intègrent massivement des domaines anciennement réservés aux hommes. Comment s’y retrouver ?

Un peu d’histoire
Je ne vous propose pas de remonter à l’Antiquité pour cet exercice. Après tout, nous fêtons les quarante ans d’un certain mois de mai qui aurait chassé la figure du pater familias à tout jamais.

Mais, qu’est-ce qui a changé en quarante ans ? La généralisation de l’accès à des moyens contraceptifs fiables a permis, d’une part, que les femmes accèdent définitivement et durablement au monde du travail et, d’autre part, que le bébé devient de plus en plus un « projet » du couple.

Parallèlement à cette profonde remise en question de la figure paternelle « patriarcale » et classique, le monde de la naissance connaît, lui aussi, des transformations. Dans un contexte de médicalisation accrue de l’accouchement, les médecins tentent de proposer des techniques efficaces pour aider à soulager la douleur. Les méthodes Lamaze, Leboyer, Bradley et autres font leur apparition. Elles prônent le rôle actif du père dans le processus.

Puis, aux années ’70, la péridurale fait son entrée triomphale en salle d’accouchement. L’usage de l’anesthésie permet aux femmes de garder une attitude « coopérative » avec l’équipe médicale. En effet, le père a intégré l’espace physique où se passe la naissance au moment même où la mère est de plus en plus soumise à l’autorité médicale et aux impératifs sécuritaires et déshumanisants qu’elle peut entraîner.

Actuellement, les pères sont intégrés quasi systématiquement aux examens prénataux, aux échographies, aux séances de préparation de l’accouchement… La présence active du père lors de la naissance semble être une obligation. Y a-t-il une place pour les papas qui préféreraient avoir un rôle plus discret ?

Le projet de naissance : entre besoins physiologiques et imaginaire personnel

Le projet de naissance du couple va, en grande partie, définir la place que papa prendra lors de l’arrivée du bébé. Cela peut se faire à deux, dans un premier temps, mais ultérieurement, il est nécessaire de se concerter avec la sage-femme, le gynécologue ou tout autre professionnel impliqué dans le processus. Il est aussi primordial que les parents soient au fait des besoins physiologiques de la parturiente car la naissance est certes une aventure du couple, mais c’est le corps de la mère qui vit des changements puissants, intenses mais fragiles aussi.

Respect de l’intimité, chaleur, lumières tamisées, silence et peu d’interactions verbales restent les maîtres mots en ce qui concerne le respect de la physiologie d’un accouchement. Le rôle de papa sera, en grande partie, de veiller, dans la mesure du possible, à que ces besoins soient satisfaits. N’oublions pas que notre culture encourage l’action, le « faire » et ce surtout chez les hommes. Comment concilier ces besoins du futur père -culturellement construits, mais pas pour autant moins importants- avec ceux de la future mère, plutôt axés vers l’« être », le lâcher-prise ?

Il est donc important que papa ait la possibilité d’exprimer et d’imaginer comment il envisage de faire respecter ces besoins dans le contexte qu’ils auront choisi pour la naissance, car les actes qu’il posera le jour « J », seront probablement liés à ce qu’il aura imaginé qu’on attend de lui et à ce qu’il va considérer comme étant nécessaire au bon déroulement de l’accouchement.

De même, les besoins de la parturiente ne seront pas observés de la même manière lors d’un accouchement à la maternité, en maison de naissance ou à domicile. D’une manière générale, plus le cadre est médicalisé, plus la future maman aura besoin d’une figure sécurisante, familière, intime et chaleureuse.

Ce besoin de chaleur humaine fait que de plus en plus de maternités proposent des salles d’accouchement « nature ». Mais ce n’est pas le cas pour toutes, malheureusement. Dans le cas où ce cadre sécurisant et intimiste fait défaut, la présence, la voix ou simplement le contact physique ou visuel avec son compagnon seront précieux à la parturiente. Combien de témoignages nous présentent des pères qui se découvrent des talents inconnus de masseur, afin de soulager les contractions de leurs compagnes ! Le toucher bienveillant, qu’il soit tendre ou vigoureux, peut créer une véritable connexion entre les futurs parents, permettant de joindre le besoin d’action de l’un à la nécessité de soulager la douleur chez l’autre.

Au contraire, dans un contexte plus « familier », comme dans une maison de naissance ou à domicile, papa sera probablement mobilisé par certaines tâches logistiques comme aider à préparer le matériel, remplir une baignoire, etc. Ces contextes, laissant une plus grande place à l’autonomie du couple et aux ressources de la future maman, permettent plus de liberté quant aux initiatives. Ainsi, dans un cadre où les parents peuvent donner libre cours à leurs instincts et à leurs envies, le rôle de papa peut aller de soutenir physiquement sa compagne, en l’aidant à adopter certaines positions, à rester relativement éloigné, peut être même dans une autre pièce, afin de respecter le besoin de calme et de lâcher-prise de la femme qui accouche. L’image du père qui fait bouillir de l’eau et qui fait les cent pas dans la cuisine n’est pas très loin. Pourquoi pas, après tout, si sa femme ressent le besoin de se couper du monde pour puiser en elle-même les ressources pour donner naissance à leur enfant.

Les préparations à l’accouchement : un bon moyen d’anticiper
C’est en choisissant parmi ces différentes préparations que le couple pourra tester les possibilités qui s’offrent à eux.

Il se peut que maman ne jure que par l’haptonomie, mais que papa ne soit pas à l’aise avec ce type de toucher. Il n’est pas raisonnable, alors, d’espérer de papa une implication physique le jour de la naissance. Par contre, une voix calme ou tout simplement une présence posée peuvent aider la future maman à se construire sa « bulle », cet espace intérieur, si nécessaire pour que son corps puisse trouver les ressources pour enfanter.

Si, au contraire, la personnalité du futur papa fait qu’il a besoin d’être dans l’action, le couple va peut être devoir envisager des stratégies qui permettent au papa de faire quelque chose sans toutefois gêner le travail de maman ni du personnel de la maternité. Le chant pré-natal, le massage ou toute autre action qui lui permet d’ainsi s’impliquer sans toutefois interférer avec le travail d’intériorisation de la maman pourraient être des bonnes pistes.

Cependant, aucune préparation ne permet d’anticiper l’inconnu et la naissance est aussi faite de ça ! Alors, futur papa, projette, imagine, prépare et improvise ! Chaque homme naît en tant que père à sa façon, mais il est aussi un peu l’enfant de l’instant.

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