Archive for mars 2009

Solidarité transfrontalière et naissances sans frontières

Une information importante reçue par mail (merci Véronique!):

« Eudes Geisler est mère de 3 enfants. Son 1er enfant est né à l’hôpital, et elle a voulu que ses 2ème et 3ème enfants naissent dans des conditions moins médicales, plus humaines. L’idéal pour elle était de rester à la maison, mais l’accouchement à domicile n’est pratiqué par aucune sage-femme dans sa région.

Habitant la Moselle, elle a trouvé ce qu’elle cherchait pas très loin de chez elle, à Sarrebruck en Allemagne dans une maison de naissance. Cette structure extra-hospitalière, qui n’existe pas en France, lui permet d’être suivie tout au long de sa grossesse, et d’accoucher accompagnée par une sage-femme choisie.

Elle a donc fait à la Caisse Primaire d’Assurance Maladie de Moselle une demande d’autorisation préalable qui lui a été refusée au motif que «les conditions d’accès et de mise en œuvre ne sont pas conformes à la législation française ».

Ayant épuisé les voies amiables, et sûre de son bon droit, elle entame une procédure judiciaire. Le Tribunal des Affaires de Sécurité Sociale la déboute le 7 janvier 2009 de son recours et la condamne à 100 euros d’amende pour « avoir voulu faire supporter par la communauté des assurés sociaux un choix de pure convenance personnelle. Un tel comportement n’est pas admissible ».

Les frais d’accouchement s’élèvent à 1046 euros alors qu’un accouchement à l’hôpital coûte en moyenne 3 fois plus à la collectivité. Ce montant étant faible, le jugement ne peut être contesté qu’en cassation.

A l’époque où la Commission des Communautés Européennes a adopté une proposition de directive visant à faciliter aux patients européens l’exercice de leurs droits en matière de soins de santé, la France peut-elle continuer à condamner une française qui demande le remboursement des soins qu’elle a reçus à 50 km de son domicile ?

Qu’en est-il du droit des femmes à disposer de leur corps et de l’enfantement comme elles veulent et là où elles le veulent, sans payer d’amende pour désobéissance ?

Qu’en est-il du droit des enfants à naître dans des conditions humaines, entourés de leur famille, à être accueillis par des gestes de tendresse, et non par des gestes médicaux de routine souvent inutiles et agressifs ?

Un collectif de personnes se sentant concernées par cette affaire s’organise, et des dons sont collectés. Grâce à la générosité de nombreux donateurs émus et souhaitant que l’action continue, une avocate est engagée, et le pourvoi en cassation est déposé dans les délais le 9 mars 2009.

Parallèlement à cette démarche, le CIANE écrit le 10 février 2009, pour lui soumettre le dossier, au directeur de la CNAMTS qui avait pris position en février 2008 pour le remboursement des soins obstétricaux des usagères des régions frontalières. Les lettres figurent aux adresses internet suivantes :

http://wiki.naissance.asso.fr/index.php/CianeLettreCNAMTSfev2008

http://wiki.naissance.asso.fr/index.php/CianeLettreCNAMTSfev2009

A ce jour, le directeur de la CNAMTS n’a pas encore répondu.

Dossier complet du collectif Naissance Sans Frontières à l’adresse internet :

http://wiki.naissance.asso.fr/index.php/NaissanceSansFrontieres »

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Informer, conseiller ou convaincre ? Les tribulations d’une activiste du libre choix maternel

Je suis née en tant que mère dans un certain état d’esprit. L’état d’esprit qui régnait en moi au moment où j’ai décidé d’avoir un enfant. Devenir mère a basculé ma vie, secoué mes certitudes et posé des dilemmes insolites dans ma vie. Ça a renforcé certaines tendances et nuancé d’autres. Devenir mère m’a radicalisé et m’a rendu plus ouverte.

Je suis devenue mère à la fin de ma vingtaine, à 28 ans exactement. J’ai tout de suite voulu « faire autrement »… par habitude. J’ai voulu accoucher autrement et élever mon enfant autrement… Autrement para rapport à quoi ? Et autrement pourquoi ?

Autrement par rapport à la « norme », parce que je me méfie énormément de la « norme ». Mais la « norme » reste une représentation par rapport à laquelle j’ai choisis de me positionner « autrement ». Cette norme, je pense qu’elle n’existe pas (et « si elle existait, il faudrait la détruire »), mais il y a bien un discours sur ce qui est normal. C’est face à ce discours sur ce qui est normal que j’ai me suis insurgée (mais déjà avant de vouloir un enfant…) et c’est par rapport à cette idée de la normalité que je me suis positionné « autrement ».

Mais, choisir de « sortir de la norme » oblige à faire des choix plus raisonnés et plus solidement argumentés (si cette sortie est un choix et ne découle pas d’une impossibilité de se plier). Ça oblige à s’informer d’avantage, à réfléchir d’avantage… ça permet de s’approprier d’une certaine connaissance, d’un certain savoir-faire et ça oblige aussi à produire un certain discours. Ça positionne d’une certaine manière, ça identifie.

Puis vient le moment où l’on s’identifie à d’autres comme soi et qu’on crée des liens avec ceux qui ont posé les mêmes actes, ceux qui se sont posés les mêmes questions… et puis vient le moment où l’on se sent dépositaire de quelque chose, acteur de quelque chose et que l’on voudrait partager avec ceux qu’on aime, avec ceux qu’on croit qui devraient nous suivre (puisque tout compte fait, on est d’accord sur d’autres points…)

Dans ce partage, la tentation d’adopter un discours normatif à partir de son point de vue est grande… La tentation de discréditer la norme l’est davantage… Comment partager sans tomber dans le prosélytisme ? Suis-je tombé dedans ? est-ce si mauvais que ça… ?

Une année sans voiture

Tout a commencé sans péméditation. Un jour la voiture familiale est tombée en panne et s’est avérée irréparable. Nous nous sommes retrouvés face à un choix : soit on en achetait une d’occasion, soit on s’endettait pour acheter une neuve, moins polluante. On s’est dit  « Et si on essayait de s’en passer? ».

Nous avons décidé de rien décider et…. une semaine plus tard, tout se passait toujours bien! Puis un mois entier s’est passé sans que la voiture s’avère indispensable, puis le printemps est arrivé… A ce moment-là, nous avons reçu quelques centaines d’euros pour « l’épave » et nous avons acheté deux vélos, avec siège bébé…

Et nous voilà parents sans voiture…ou vélo-parents!

« Impossible » selon certains, « choix fanatique » selon d’autres… « irresponsable » d’après la plupart (c’est tellement dangereux et pluvieux dans la rue!!). Les préoccupations et questions les plus courantes sont « et comment vous faites pour les courses? » ou bien « mais ça ne vous fait pas peur de rouler avec les petits à vélo? », « c’est pas dangereux? » ou le classique « mais vous êtes en train de respirer toute la pollution!!! » ou bien… « ah! si j’avais le temps!… »

Bien… les courses : c’est vrai, nous ne faisons pas des courses une fois tous les quinze jours au supermarché… (d’ailleurs, nous n’allons pas au supermarché en dehors de rares situations de dépannage). Nos légumes  sont déposés toutes les semaines à une école près de chez nous, avec un système se souscription à un « panier bio ». Les produits d’entretien et d’épicerie, nous les achetons au fur et à mesure au magasin (bio), en rentrant ou en allant au boulot, et les laitages et viandes une fois par semaine au marché. Et tout se tient : on participe à un mode de consommation en dehors du cycle de la grande distribution, avec tous ses avantages : plus solidaire, plus éthique, moins polluant, plus sain… Et c’est vrai que, en étant obligés de transporter ce qu’on achète avec l’élérgie de nos jambes… on achète le nécessaire et pas du superflu! Résultat : moins de gaspillage et moins de déchets!

Le temps : c’est vrai, il pleut (beaucoup) en Belgique… Mais il est possible de s’équiper en vêtements de pluie adaptés et le temps qu’on perd en s’habillant et en habillant les gosses (et oui, ça prens un temps fou!) on le gagane lorsque les embouteillages bloquent tout le monde… sauf les cyclistes!

Le danger : en 1 an le bilan est d’une chute toute à fait bénigne tout au début de l’aventure… Mais c’est vrai, le danger est là… et plus on évite le traffic mieux c’est!

La pollution : ça, ça me fait rire… quand on sait que l’endroit le plsu pollué est habitacle des voitures… No comment! Bon, ceci dit, mon homme vient de s’acheter un masque… pourquoi pas?

Donc, un an sans voiture, jour pour jour…. Bilan positif! On continue!

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