Nostalgie du quotidien


Je range mon vélo à la sortie de l’école des enfants. Je regarde les autres parents arriver. Je mesure la distance que je ressens quand ils me disent bonjour.

Je dépose la grande. Elle s’en va heureuse (visite du zoo au programme!)

Et je suis loin…

Je n’ai jamais resenti appartenir à ce monde, jamais resenti des liens avec ceux qui partagent un espace si propice aux échanges comme c’est l’école qui réunit nos petits tous les jours.

Pareil pour les voisins, pareil pour tant d’autres lieux, tant d’autres activités, tant d’autres espaces.

Je suis pourtant restée ici 15 ans. J’ai participé à des activités, laissé des traces dans les mémoires… J’ai des amis, j’ai des liens, j’ai des bonnes raisons de me sentir bien.

Et je me sens bien, si bien… en sécurité, rassurée. Les rues sont belles, les arbres bien rangés. Les gens sont respectueux, les façons de faire compréhensibles.

Et je m’en vais chercher quelque chose qui me manque, vraisemblablement.

Le contact facile, la certitude d’avoir été comprise. La possibilité de ne pas devoir interpréter les ractions des gens. Le yeux qui me voient, les regards qui me reconnaissent. J’ai de nouveau besoin de ne plus avoir peur de croiser et chercher le regard des gens.

Je m’en vais chercher les lieux de mon enfance pour que mes enfants comprennent. Je vais leur montrer la montagne permanente et l’air léger des Andes.

Nous allons découvrir les chemins qui m’ont appris à marcher comme je marche, le toucher des peaux sans peur des autres peaux.

La promiscuité des familles qui n’ont pas de contours tracés ni de territoires exclusifs.

Mais je dis ça, et je regrette déjà les jolies rues, le luxe de l’ordre. Ma rue, mes amis, ma bière et mon café. Les réunions dans lesquelles je ne m’abandonne jamais totalement et où je dois laisser  un peu de mon attention en veille.

Les belles choses, la facilité de ce qui est organisé, calculé, programmé.

Laisser ma maison, les choses que j’ai assemblées pendant 15 ans.

Mes meubles, laids mais utiles.

Mon appartement, chaud, pratique… à moi! A nous.

Laisser ce que nous connaissons, pour une idée, pour un souvenir et pour un « peut-être ».

Mias ça serait pire de rester… et d’abandoner le rêve.

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One response to this post.

  1. Posted by Ellen on 13 juin, 2010 at 2:42

    C’est beau, une âme qui appelle le renouveau.
    Je t’entends vouloir replonger au coeur de tes racines pour enfin déployer tes ailes à ta façon, et donner à ta famille l’occasion de découvertes et de nouvelles expériences.
    J’ai fait cela, il y a 13 ans maintenant et je n’ai jamais regretté. Suis partie en Inde pour 1 an après avoir vendu la maison, l’auto et tout le saint matérialisme. Je n’avais plus de clés et c’était une telle sensation de liberté…
    Maintenant,je suis plus « sage », je cherche l’esprit, le silence, là où je suis, au milieu de ma vie. Mais, sans doute fallait-il partir pour me retrouver là.
    Merci pour ton partage et que les meilleurs vents vous portent, toi et ta famille. Une pensée douce pour Emilio.
    Ellen

    Réponse

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