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Badinter, à froid

Le débat que le livre de Badinter a suscité  s’est un peu calmé… je vous propose quelques réactions « à froid », largement puisées d’une discussion avec les mamansnature.

Que penser de la « sensibilité féminine » ?

Je me méfie de ce type d’idées reçues (qui sont basées sur des préjuges et des stéréotypes) j’ai peur que si on commence par dire « le sixième sens est féminin », « il y a une sensibilité féminine qui nous rend différentes aux hommes » on termine par justifier (comme par le passé) que les hommes aient l’exclusivité du pouvoir politique (parce que la contre-partie de « l’âme sensible féminine », c’est le pouvoir du mâle) pour décider à notre place, gérer nos comptes en banque…

Je suis d’accord avec le fait de critiquer Badinter à partir du moment qu’on critique son point de vue individualiste de l’émancipation  » qui, selon moi se traduit par « je ne peux m’épanouir qu’en tant que femme-individu! donc la maternité doit passer au second plan »

Pour moi, elle limite l’aptitude à se soucier des autres (qui est universelle) à la maternité.

Tous les êtres humains sont capables de compassion, amour, sollicitude. HOMMES et FEMMES.

Simplement, on apprend aux petits garçons à réprimer ça… et on encourage les petites filles à vouer son âme à ça!

Je ne critiquerait jamais Badinter avec une vision essentialiste de la différence (sexuelle, d’orientation sexuelle ou raciale) car c’est la porte ouverte à toutes les dérives que notre genre humain a connu : mort et violence!

Est-ce qu’il faut revendiquer des droits spécifiques ?

On peut considérer que toutes les personnes (et pas seulement les femmes) traversent des moments où elles ont besoin de droits spécifiques pendant leur vie: les mères d’un congé qui leur permette de récupérer de l’accouchement, les personnes âgées, les malades ou moins valides, les enfants, les victimes de catastrophes naturelles… Il s’agit moins d’une question lié au sexe que d’une question ontologique: l’être humain n’est pas toujours un individu auto-suffisant. La dépendance vis-à-vis des autres est inhérente à l’expérience humaine. Nous sommes vulnérables.

Le problème, c’est que quand les femmes se contentent d’assumer elles seules cette vulnérabilité (surtout celle des vieux et des enfants), la société leur empêche de prendre part aux décisions qui pourraient distribuer cette responsabilité vis-à-vis des plus vulnérables parmi tous ces membres (hommes femmes, riches et pauvres, blancs et colorés, belges de souche et allochtones).

Qui s’occupe des vulnérables dans nos sociétés? Les femmes… surtout si elles sont pauvres et viennent d’ailleurs!

Badinter, dans son livre ne fait qu’effleurer cet aspect (le care ou le soin et le souci des autres) et en parle que pour lui enlever toute sa profondeur et son intérêt d’un point de vue critique de l’individualisme libéral (qu’elle ne pourrait assumer de par son identification totale avec lui).

Maternité choisie, droits spécifiques et engagement féministe ?

Si nous pouvons choisir actuellement d’être mères (au foyer et à temps plein), c’est parce que des féministes (comme Badinter, mais aussi Flora Tristan et Olympe de Gouges avant elle!) se sont battues pour qu’on aie le choix. Néanmoins, il faut toujours garder à l’esprit qu’elles ne se sont pas toujours battues au nom de notre droit à être mères. Nous n’avons jamais, en tant que femmes, dû nous battre pour avoir ce choix-là. Pendant des millénaires, ça nous a été imposé comme une fatalité.

Nous nous sommes battues pour avoir le droit à être autre chose que mères.

Personnellement, je doute que l’on puise vivre la maternité de manière heureuse si elle est une obligation et encore moins si elle est une fatalité. Donc, d’accord pour dire qu’on est (plus) heureuses peinard à la maison à s’occuper de nos enfants et de notre foyer… mais dites-vous bien, que si vous le faites dans la joie et de façon choisie, c’est grâce au fait qu’il y a des femmes qui se sont battues pour ce choix!

En ce qui concerne les combats qui nous concernent en tant que femmes et mères, l’acquisition de droits spécifiques liés au fait qu’on accouche les générations futures, il est impératif pour nos intérêts de femmes et de mères d’être autre chose de des mères, limitées à des intérêts privés : si toutes les femmes si disaient « On est bien à la maison. Pas envie d’aller se fatiguer à l’extérieur, aux parlements, aux gouvernements, dans les collectifs féministes, syndicats ou tout autre collectif de lutte pour les droits… » qui défendrait nos droits?

Si nous évitons de nous impliquer en dehors de la sphère privé, d’autres s’occuperont à trouver des réponses à notre place… et ce seront des réponses qui ne nous conviendront pas du tout.

La maternité comme fondement de la féminité ?

Ce n’est pas un secret : je suis fascinée par la maternité. Je trouve, effectivement, que c’est un processus fascinant, une opportunité d’entrer dans une dimension extra-ordinaire de l’expérience humaine… et c’est vrai que les hommes n’ont pas accès à certains aspects corporels de ce type d’expérience (la grossesse, l’accouchement, l’allaitement)… mais c’est exactement ce que F Héritier voit comme étant la source de notre malheur aussi (et je la rejoint là dessus) : c’est en voulant s’approprier symboliquement de notre pouvoir à accoucher les générations futures, que les hommes ont imposé leur suprématie, qu’ils ont crée l’appareil idéologique de notre soumission.

Est-ce qu’il faut pour autant partir en croisade contre les hommes? Je ne pense pas. Les hommes des générations actuelles ne sont pas responsables de la mise en place de cette idéologie. Bien que certains d’entre eux (machos de base, talibans, fanatiques religieux de toutes sortes, masculinistes, fachos…) sont responsables d’entretenir cette idéologie… et il y aura toujours des femmes solidaires avec eux, parce qu’elles n’ont pas le choix!

Néanmoins, je ne pense pas que la maternité soit l’essence de l’expérience féminine. Elle peut être une partie plus ou moins importante et stimulante de celle-ci, surtout si elle est vécue LIBREMENT. Il y a des femmes pour qui la maternité n’est même pas un projet et elles sont autant femmes que moi. Je ne suis pas du tout sûre que nous toutes pensions à la maternité avec la même passion ou intérêt et ça, c’est super! J’aime que l’on puisse choisir la maternité ou l’ignorer complètement.

Donc, j’aimerais croire que des femmes qui ne se sont jamais senties concernées par la maternité soient considérées autant femme que les mères et autant humaines que les hommes!

La spécificité féminine réside-t-elle dans la biologie?

La physiologie est une donnée matérielle… qui a l’air tellement évidente, tellement indiscutable. Néanmoins, il y a des féministes comme Judith Butler qui, actuellement, remettent même en questions la détermination de la physiologie dans la construction du sexe… c’est très troublant… mais très libérateur.

Je pense que si on était vraiment libres et qu’on était moins conditionné par l’idéologie hétérosexuelle, on formerait des couples avec des personnes de notre choix, peu importe leur sexe…

C’est pour cette raison-là ça que l’idéologie de la complémentarité homme-femme me dérange. Non, pas parce que je sois lesbienne, bi ou autre (je suis très conditionnée par la « matrice hétérosexuelle », je ne suis attirée que par des hommes!), mais parce qu’elle occulte les rapports de pouvoir qu’il y a entre les sexes.

Dans les relations hommes-femmes, dans une société patriarcale comme la notre, les hommes ont plus de pouvoir que les femmes. ça s’appelle la « différence de valence des sexes » (voir les travaux de Françoise Héritier) et c’est une donnée assez universelle : un homme vaut plus qu’une femme, dans les structures mentales de la plupart des peuples (si pas tous) de la planète.

Cette idéologie n’est pas produite -ni même partagée- par tous les hommes contemporains (donc je ne suis pas « contre les hommes »), mais par la société patriarcale toute entière depuis les temps ancestraux et cela nous inclut nous, femmes.

Choix et liberté

Certes, on a le choix… mais est-ce que ce choix est fait à partir d’un calcul rationnel ou à partir d’un désir? Je pose la question, mais je n’ai pas de réponse…

La liberté, pour moi, c’est beaucoup plus que le choix.

Le choix dérive d’une vision individualiste (libérale) de la liberté.

Personnellement, j’aimerais que toutes les femmes (et hommes) soient libres… et ça c’est plus important, à mes yeux, que le choix!

Je préférerais ne pas devoir choisir entre ça ou ça : café ou thé, profession ou maternité, reconnaissance ou tranquillité, etc…

J’aimerais pouvoir être actrice de ma vie, décider ce que je veux en faire et obéir à mon désir sans devoir le contraindre par les limitations matérielles.

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Le conflit de Badinter : la vision minoritaire et la sollicitude.

N’ayant pas encore lu son livre, je ne me permettrai pas de le critiquer. D’ailleurs, je trouve qu’elle a en partie raison : on se prend très mal pour développer certaines initiatives, comme la promotion de l’allaitement – il y a bel et bien un risque de culpabilisation qu’on pourrait éviter en centrant l’allaitement autour de l’expérience de la mère et pas au nom du bien-être de l’enfant (discuté ici). De même, je ressens aussi un certain malaise lorsque l’on voudrait justifier le bien fondé de certains choix -comme l’accouchement non médicalisé- exclusivement à partir d’une lecture physiologiste (« il faut laisser les hormones faire le travail parce que le plus important, c’est de laisser vivre son instinct… »).

Par contre, les propos tenus dans les interviews qu’elle a donné donnent déjà de la matière à situer où est le problème et, à mon sens, il est à deux niveaux :

1.Le refus à admettre les courants minoritaires / différents au sein du féminisme

Aux années 70, la deuxième vague du féminisme a surgit dans un élan de questionnement d’une pensée unique, masculine, patriarcale. L’objectif de féministes de cette période (comme S. de Beauvoir), était de démontrer que ce qui était présenté comme « universel » n’était, en réalité, que l’occultation du point de vue des femmes, pour faire valoir les intérêts des hommes.

Mais, le féminisme s’est institutionnalisé depuis ses premières conquêtes, développant lui-même aussi une sorte de pensée unique dans ce que l’on pourrait appeler « sa ligne traditionnelle ».

A partir de ce courant, que l’on pourrait qualifier de majoritaire (surtout dans les pays francophones) -puisqu’il est souvent reconnu par les autorités académiques et politiques-, on a l’impression qu’on trace actuellement des frontières entre ce qui serait ou pas féministe. Ainsi, des visions minoritaires, comme les féminismes appelés « différentialistes » ou même « maternalistes » sont délégitimés… ne parlons même pas des féminismes à connotation religieuse ou ethnique… Un féministe ne saurait porter le voile islamique, c’est bien connu!

Un courant majoritaire qui délégitime les autres? ça sent le rapport de domination, ça… Au sein d’un mouvement émancipateur… Surtout que celles qui se revendiquent porteuses du « vrai courant féministe » sauraient mieux que les autres ce qui est bon pour ces dernières : « non, tu ne porteras pas de foulard! c’est un signe d’oppression. on s’en fout si tu essaies de nous faire croire que tu le portes pour revendiquer ton appartenance -ou plutôt ta non-appartenance-, comme un retournement de stigmate  » ou « oui, tu dois avoir une carrière et du succès professionnel coûte que coûte, même si ça implique laisser tes enfants dans une crèche de piètre qualité 10 heures par jour, à partir de 3 mois…. et que ça te brise le cœur c’est pas important! refuse la culpabilité (car il s’agit d’office de culpabilité et pas d’un sentiment plus simple comme la frustration de ne pas pouvoir continuer à te blottir encore quelques mois contre le corps de ton bébé)! nous l’avons bien fait avant toi! »

2. Confusion entre « maternité » et solidarité envers les plus vulnérables – l’éthique du soin.

En même temps,  E. Badinter, dénonce les « dérives réactionnaires » des autres courants qui érigeraient « la maternité en modèle politique ».

Je trouve cette prise de position inquiétante de la part d’une féministe.

Confondre maternité (essentiellement féminine) et capacité à soigner les plus vulnérables (enfants, malades, vieux, infirmes…) c’est suggérer que l’aptitude au soin serait sexualisé.

Aucune femme et aucun homme qui choisissent de donner (même temporairement) la priorité aux soins à ses être chers avant une carrière, la réussite matérielle et la notoriété se posent la question  « est-ce que je suis en train de réaliser une tâche féminine (et donc pas valorisée)? » « Est-ce que en faisant ça, je suis en train de me soumettre à l’autre sexe? » Ceux et celles qui soignent les autres par choix le font mus par le désir de donner aux autres ce dont ces autres ont besoin.

C’est de sollicitude qu’il s’agit. Pas de culpabilité, pas d’obligation.

Comme Fabienne Brugère soutient dans son ouvrage « Le sexe de la sollicitude« , lorsque celle-ci est imposée (comme c’est le cas des mères qui ne font rien d’autre que materner parce qu’on leur IMPOSE ce rôle), elle est souvent féminisée. C’est la cas actuellement dans nos sociétés (faut pas aller chercher loin dans le Tiers Monde, non, non) où les tâches dites hospitalières sont effectuées dans sa grande majorité par des femmes.

Non, nous ne parlons pas de maternité. Il s’agit d’une question éthique qui dépasse ce rôle traditionnel de dévouement tenu par les femmes. C’est bien de solidarité envers les plus vulnérables qu’il s’agit.

Maintenant, je suis d’accord avec Mme Badinter s’il s’agit de dénoncer que le soin soit érigé en attribut féminin et que la sollicitude soit l’apanage d’un sexe, le sexe « faible ». Oui, je dénonce (avec elle, si elle veut) la sexualisation de la sollicitude.

Mais je me demande… Est-ce que ce refus catégorique de la maternité comme expérience positive dérange certaines féministes parce que ça leur rappelle leur vulnérabilité? Le fait que hommes et femmes aient besoin, un jour ou l’autre des autres? Quand il sont bébés, enfants, vieux ou malades? A mon avis oui! Pour une féministe qui croit que la seule manière d’être accompli(e) et épanoui(e) est possible en tant qu’individu tout puissant, se savoir vulnérable et dont susceptible d’être ému(e) par la vulnérabilité doit être difficile à encaisser.

Alors, que faire de nous, les femmes qui donnons la priorité (de nouveau, ne fut-ce que temporairement) à soigner ceux que nous aimons (nos enfants et notre planète Terre, notre mère Terre)… et qui nous revendiquons féministes? (Et qui sommes souvent entourés d’hommes dans le même état d’esprit que nous et qui partagent bien plus les tâches ménagères que ceux dont les femmes choisissent biberons, couches jetables, petits-pots industriels et crèches 10 heures par jour)

Je serai la première à dénoncer et à me battre contre l’accouchement sans péridurale, l’allaitement, les couches lavables… comme un danger pour l’émancipation, si on pouvait me garantir ou me pouver que si toutes les femmes de la planète avaient accès gratuitement et sans restrictions au lait en poudre, couches jetables, petits pots, crèches 24/24… le problème de l’égalité homme/femme, du plafond de verre, de la sous-représentation en politique, de la violence intra-familiale seraient réglés.

Je n’y crois pas une seconde!

Je pense, d’après les interviews qu’elle a adonné, que Badinter fait fausse route.

(Mais je vais quand même lire son bouquin… On va me le prêter… vous pensez bien que je ne vais pas dépenser mes sous à ça 😉 )

Je suis mère, écolo et je suis féministe. Voilà comment!

Ceci est un post interactif. Je vous invite à témoigner sur votre expérience de la maternité et du féminisme.Peu importent vos choix en termes de soins aux enfants, ce qui importe c’est de partager avec nous les moyens que vous avez mis en œuvre pour concilier ces deux aspects de votre personnalité, s’ils se conjuguent chez vous.

Il s’agit d’un n-ième exercice de réponse à une certaine Elisabeth, trop loin dans la stratosphère philosophique (et que je soupçonne envieuse de nous, qui avons osé demander le beurre et l’argent du beurre, l’égalité des chances et un vécu charnel, intense et jouissif de la maternité).

Des réponses concrètes pour montrer que oui, c’est possible…

Voici ma réponse :
« Je suis mère, écolo je suis féministe. Voilà comment!

Quand j’ai réalisé que j’avais envie d’avoir des enfants, je me suis renseigné sur la première étape du voyage : la grossesse et l’accouchement. J’ai découvert que souvent les femmes accouchent sous contrôle (perfusées, allongées de forcé, leur travail rythmé par des impératifs de gestion d’une institution patriarcale, comme c’est le cas des hôpitaux, où le pouvoir revêt, en même temps que sa blouse blanche, une attitude de supériorité face aux patientes). Je n’ai pas voulu ça. J’ai choisi d’accoucher libre : où je voulais, comme je voulais.

Puis, les enfants ont commencé à poser des changements dans l’organisation de la vie quotidienne : les tétés nocturnes paisibles et à moitié endormie de premières semaines ont fait place à des réveils nocturnes. Gérables pendant le congé de maternité/parental. Insupportables une fois de retour au bureau.

Au lieu d’incriminer l’allaitement et d’arrêter, mon mari a assuré les réveils nocturnes, où l’on a remplacé les tétés problématiques par des câlins, berceuses et autres promenades.  Au bout de trois jours les réveils se sont arrêtés, la plupart des tétés de nuit aussi… mais pas l’allaitement.

Puis, le crèche à raison de dix heures par jours avant un an nous semblait triste. C’est mon homme qui a assuré le mi-temps disponible pour éviter ça : Nos enfants n’ont pas connu des journées entières à la crèche. Merci à leur papa.

Qui fait les courses (oui, bio, dans les marchés et presque jamais dans la grande distribution!)? Papa. Qui repasse? Papa. Qui rince les (déjà rares, propreté arrive) couches en tissu? Papa.

Qui est engagée dans des activités militantes à la maison? Maman. Qui travaille plus d’heures/semaine? Maman. Qui gagne plus? Maman.

Est-ce que je serai prête à échanger ces trois dernières choses avec Papa? Oui. Du moment où tout le monde s’y retrouve et que ça me permet d’avoir plus de temps pour moi.« 

Et si allaiter était juste une source de plaisir?

Découverte (tardive) d’un bel ouvrage sur la puériculture ou, plutôt, sur les couacs inévitables de cette « science »(?) au cours des 100 dernières années.

« L’art d’accommoder les bébés » de G Delaisi de Parseval et de Suzanne Lallemand est un beau livre, plein d’humour et d’insolence. Un bol d’air lorsque l’on consomme des doses pathologiques de lectures sur le sujet.

Rien à jeter jusqu’ici (pas encore terminé, mais je suis complètement enthousiaste) dans ce texte! Mais le plus intéressant, c’est le point de vue que les auteures développent sur l’allaitement.

En gros, elles ont écrit THE argument féministe pour aborder l’allaitement (en tout cas, à mes yeux): et si ce qui poussait (ou pourrait pousser) les mères à allaiter n’était ni l’instinct, ni un calcul rationnel (« c’est le meilleur pour le bébé ») mais mais le plaisir qu’il procure?

Parce que donner le sein est BON, pas dans le sens moral du terme, mais dans le sens des sensations de volupté et de bien-être qu’il permet de vivre à la mère et je ne parle pas seulement des orgasmes qui peuvent accompagner certaines tétées… Non! Je parle aussi des plaisirs moins spectaculaires, comme le reflexe d’éjéction du lait (c’est une sensation qui n’a pas de mots), comme le simple contact de la peau du bébé, la légèreté des seins vides après la tétée…

Mais bon. Allaiter n’est pas qu’une partie de plaisir. Crevasses, mastites, engorgements sont très courants et découragent beaucoup d’entre nous à allaiter.

D’où la nécessité de soutien pour résoudre ces problèmes qui peuvent être passagers si accompagnés à temps… Mais il faut savoir respecter celles pour qui l’expérience n’est pas satisfaisante. Il est tellement courant d’entendre « je n’avais pas assez de lait » ou « j’ai eu des problèmes »… Normal si l’on présente l’allaitement comme un acte mécanique et exclusivement alimentaire (exclusivement du point de vue du bb, en somme!), comme un acte de sacrifice attendu des mères, celles qui ne veulent pas allaiter doivent se justifier.

Sincèrement, je serai plus rassurée lorsque j’entendrai de temps à autre « j’ai arrêté parce que ça ne m’a pas plu! ».

Finalement, d’un point de vue politique : et si l’on défendait l’allaitement comme un droit à la jouissance de cette fonction du corps ?

Il est difficile de convaincre des politiques (probablement élevés au lait industriel et apparement en suffisament bonne santé pour être aux commandes!)  de la nécessité de l’allaitement exclusif jusqu’à 6 mois (et des aménagements qu’il devrait comporter d’un point de vue des lois du travail) en mettant en avant la santé des bébés… parce que… les bébés nourris au biberon sont généralement en bonne santé aussi! (faut arrêter la culpabilisation des mères qui n’aiment pas allaiter!)

Et si on décidait d’exiger la possibilité de vivre la maternité et la paternité avec plaisir et pas dans la douleur et la frustration ? Plaisir d’allaiter, mais aussi de partager son temps avec ceux et celles que nous aimons et de prendre le temps pour donner un biberon dans la détente et pas devoir confier ces tâches à des mains étrangères, aussi professionnelles et compétentes soient-elles.

Bref, parfois l’enfer est pavé de bonnes intentions… et les arguments pro-allaitement sont souvent très moralisateurs et donc à regarder deux fois plutôt qu’une!

Quand les obstétriciens s’attaquent aux droits civils des femmes enceintes

ça vient tout droit du Huffington Post
Refuser une césarienne peut vous dépouiller de vos droits parentaux au New Jersey. Ce fut le cas d’un couple qui a refusé de se soumettre à cette intervention non-nécessaire : Le bébé est né par voie basse, sans aucun problème…

Suite au refus de la césarienne, les services sociaux de l’hôpital ont été alertés, le bébé a été privé du contact avec ses parents et le juge en charge de l’affaire a même consenti à l’assignation d’une famille d’accueil.

Cette affaire pose aussi des questions dont on ne peut pas faire l’économie : en invoquant les droits du foetus et en les faisant primer sur le droit de la mère à refuser une intervention.

Effrayant : séparer un nouveau-né de ses parents parce que la mère a été « rebelle » et « combative » durant le travail et qu’elle a refusé une intervention abusive…

La toute puissance obstétricale et légale en toute sa splendeur…

Accouchement à domicile vs. accouchement à l’hôpital : le mythe de la sécurité

On dirait que toutes les sociétés sont construites sur base de violences multiples, institutionnalisées et apparemment généralisées : la domination des plus vieux sur les plus jeunes, des homme sur les femmes, des experts sur les profanes, les riches sur les pauvres, etc.

Peu d’événements incarnent si bien cette multiple domination comme la naissance des êtres humains. Ce qui pourrait sembler normal puisque dès que le bébé apparaît, la société souhaite lui imprimer sa marque, le domestiquer, le séparer de la fusion avec le corps maternel. Ordonner le chaos.

Dans les sociétés « traditionnelles », les rites visent à inscrire le nouveau membre dans leur filiation, à chasser les mauvais esprits, à le protéger des forces surnaturelles et d’autres agents morbides, selon la cosmogonie propre de la société en question.

Dans nos sociétés, les bébés naissent sur l’autel de la science. On nous consacre, avant même que nous respirions, au dieu de la technologie. Échographies pour détecter des malformations et maladies, examens et diagnostics, mesures et analyse. Les rites de la naissance dans les hôpitaux nous confortent dans la croyance que nous pouvons tout contrôler et que ce contrôle est bon pour nous.

Sans ignorer les bénéfices indéniables des avances scientifiques pour détecter et traiter des pathologies liées à la gestation, à l’accouchement et au postpartum, il convient de se demander quelle est leur place. Est-il indispensable de faire un test de glucose à toutes les femmes enceintes ? D’appliquer des hormones synthétiques à toutes les parturientes qui tardent à dilater ? Utiliser un monitoring continu pendant des heures apporte-il une information réellement indispensable ou augmente seulement les risques de souffrance fœtale ?

Voilà les questions que l’institution hospitalière ne peut pas se poser jusqu’aux dernières conséquences. L’hôpital est une institution totalisante, uniformisante, homogénéisante. Les institutions comme les hôpitaux ont une logique de rentabilité et d’efficacité. Elles sont destinées à une prise en charge industrielle. L’homme doit s’adapter à la technique, la technique ne peut pas s’adapter à la infinie diversité humaine.

Gestion du personnel, gestion du matériel, gestion des espaces, gestion des risques, administration des coûts… voilà les logiques hospitalières.

Voici la logique de la société post-industrielle. Voici la logique violente que l’hôpital inscrit dans nos corps de femmes donnant la vie et dans les premières heures de vie de nos enfants. Cette violence est nécessaire quand un danger plus grand nous oblige à avoir recours à la science et à la technique pour faire face à un problème suffisamment grand, qui justifie de nous soumettre à ces logiques déshumanisantes. Recourir à la science quand la vie a besoin d’une véritable aide et ne pas lui abandonner notre corps et nos affects.

Rester à la maison tant que la vie se suffit à elle même nous garantit la sécurité qui découle du fait d’être respectées. Partir à l’hôpital quand la vie se gâte pour chercher ce qu’elle a perdu et, surtout,… s’approprier le pouvoir de savoir quand la ligne entre les deux a été traversée (ou déléguer le pouvoir à une personne qui possède les outils pour savoir si on a traversé cette ligne, sage-femme, doula, médecin ou un/e autre qui le fait en respectant notre humanité).

« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre… et tu finiras par perdre les deux! » T Jefferson

Cesáreas innecesarias : la epidemia silenciosa.

Se considera que en menos de un 10% de partos la fisiología no basta para permitir que las cosas ocurran de manera segura para la madre y el bebé.

En estas excepciones, es necesaria una ayuda y, en muchos casos, esta ayuda toma la forma de una intervención quirúrgica : la cesárea.

Por qué entonces en algunos establecimientos la tasa de cesáreas sobrepasa el 80% de partos??? Por qué estas tasas elevadas ocurren en países en dónde precisamente los otros derechos sexuales y reproductivos de las mujeres son ignorados?

La cesárea es una cuestión de poder : es la encarnación del poder tecno-científico sobre el cuerpo de las mujeres. La materialización de las lógicas de una sociedad dehumanizada y concentrada en la eficacidad, en el control de los procesos biológicos y la lógica mercantil (un ginecólogo factura muchísmo más por una intervención quirúrgica que por la atención de un parto vaginal, fuera este natural o no).

En Holanda, el 30 % de los partos son en casa y la tasa de cesáreas es del 10% de los partos. El porcentaje de mujeres representantes en el parlamento holandés es de más del 40%.

En Brasil, la tasa de cesáreas rodeal el 30% y paralelamente, el porcentaje de mujeres presentes en el parlamento es de 9%.

Parir, una cuestión política? Sí señora!

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