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Récit de naissance dans la paille

Il y a 2011 ans, une femme enceinte voyageait à dos d’âne à travers la Palestine. Elle s’appelait Marie et elle était accompagnée de Joseph, l’homme de sa vie.

La nuit commençait à tomber et elle a dû se rendre à l’évidence que les douleurs qu’elle ressentait régulièrement depuis le début de l’après-midi, n’étaient pas simplement le fruit de la fatigue… son bébé allait arriver !

Elle a demandé à son compagnon de faire une pause. Ils se sont donc arrêtés juste à l’entrée de Bethléem.

En descendant de son humble monture, elle ressentit le besoin de marcher et de danser. Son compagnon a souri en la voyant bouger ses hanches en cercle pendant qu’il la suivait vers la première auberge qu’ils aperçurent.

Cette auberge-là, comme toutes les autres qu’ils ont visités, était remplie de voyageurs : plus de place pour qu’ils puissent passer la nuit au chaud !

Le compagnon de notre parturiente a expliqué leur situation à un homme qui leur a proposé de s’abriter dans une crèche, près des grottes des bergers, le temps de trouver une solution.

Ils sont arrivés à la crèche où une vache dormait paisiblement et a accueilli les visiteurs avec un regard plein de tendresse. Marie a croisé ce regard et s’est sentie réconfortée. Elle rassuré son compagnon. Elle se sentait bien à cet endroit, il était éloigné du bruit et du passage, il faisait calme et les étoiles brillaient comme jamais elles n’avaient brillé.

Il est parti chercher une sage-femme, pendant que Marie a continué à danser et à chanter, suivie du regard doux des animaux qui, habitués aux cadences des naissances de leurs petits, lui ont apporté une compagnie silencieuse.

Marie a changé sa danse circulaire par des mouvements qui la ramenaient vers le sol couvert de paille, elle s’est agrippé à une poutre et a laissé son dos s’étirer, sentant ses hanches pendre pour retrouver spontanément la jolie danse circulaire, rythmée par sa respiration haletante.

C’est dans cette position que son bébé a commencé sa descente vers la Terre. Marie accueillit avec ses deux mains la tête minuscule couverte d’un duvet si doux… puis le corps s’est glissé sans efforts en dehors.

Le bébé est né dans le silence et l’obscurité les plus absolus et sa première respiration fut accompagnée par la respiration de trois autres mammifères.

Blotti contre le sein de sa mère et complètement calme, ce petit d’homme n’a connu d’autre bruit que la voix de sa mère, d’autre odeur que celle de sa peau et d’autre sensation que la paix et l’amour.

C’est ainsi que toute une partie de l’Humanité a connu puis a oublié la source de tout amour pour les autres êtres et pour la Terre.

Rappelons-nous !

Quand j’étais doula

Avant de vous raconter comment c’était quand j’étais doula, je dois vous raconter comment je suis arrivée à le devenir.

Pre-histoire

En 2004, me voilà enceinte et remplie de questions. Je découvre le monde des « birthactivists » ou militants de la naissance… et, comme beaucoup d’autres internautes polyglotes, je fais connaissance des versions francophones, espagnoles et anglaises du mouvement pour l’humanisation de la naissance.

C’est parmi les anglophones que je découvre le mot doula et je tombe sous le charme de cette figure qui me faisait penser aux sage-femmes d’un autre temps, n’ayant pas d’autre outil que leur présence rassurante, leur savoir de mères et de femmes.

Pour mon deuxième accouchement, en 2007, j’ai brièvement pensé à faire appel à l’une des quelques doulas belges qui débutaient. Mais finalement, je me disais qu’il y avait déjà trop de monde prévu pour ce moment, que je voulais intime avant tout.

C’est avec les grossesses et accouchements d’amies et de connaissance que j’ai accompagné que, sans m’en rendre compte, j’empruntais le chemin…

Mais quand j’ai voulu aller plus loin, je me suis heurté à une évolution que je n’avais pas prévue : l’accès à la « certification ».

En Belgique -au moins dans le monde francophone-, à l’époque, la seule formation qui m’attirait et qui permettait de se « certifier » comme doula coûtait une (petite) fortune… et s’étalait sur 4 ans !

Je me suis mise à douter : pour moi, les doulas ne doivent pas nécessairement savoir beaucoup de choses, apprendre beaucoup de techniques… puisqu’elles ne doivent RIEN faire. Leur raison d’être et leur efficacité relevait de leur capacité à accompagner dans la discrétion et dans la singularité des besoins de chaque femme.

Pleine de doutes, je me suis quand-même inscrite à une séance d’in-formation avec Michel Odent et Liliana Lameers… et me voilà partie pour quelques jours à Londres, pour rencontrer d’autres femmes qui, comme moi, étaient passionnées par les accouchements et les idées de Michel Odent.

Au bout des 3 jours de cette aventure, je partais heureuse d’avoir pu écouter Liliana parler de son expérience. J’ai ressenti que j’avais ce qu’il fallait au fond de moi. La certification ? ça ne m’intéressait plus du tout !

Un détour pour y arriver

Mais, ma vie prenait un chemin inespéré : le retour aux racines, à mon pays, aux Andes qui m’ont vu naître. Je voyais ce voyage comme une mise entre parenthèse de mon désir de débuter comme doula… mais les choses se sont déroulées différemment aux plans initiaux : le projet auquel j’étais censée participer n’a pas pu démarrer, me voilà sur place et sans « projet » (sans boulot quoi…).

Belle opportunité de m’impliquer dans le réseau local pour l’humanisation des naissances, les aidant notamment à créer un blog (qui n’a malheureusement pas été alimenté depuis…), organisant des formations pour des employés des dispensaires de santé et même comme consultante sur l’adaptation des salles d’accouchement aux besoins culturels des femmes. Une opportunité unique, rêvée… aussi pour rencontrer des sages-femmes empiriques des communautés andines et des villes. J’ai découvert l’ancien art des accoucheuses : manteo, encaderamiento, des vertus de certaines plantes et produits animaux… mais j’ai surtout compris que, dans ce coin du monde, les sage-femmes empiriques sont amenées à pratiquer leur art dans les hôpitaux et aux côtés d’autres prestataires (occidentaux, le plus souvent)… comme les doulas dans les pays du Nord.

Étrange découverte que d’entendre les récits de ces femmes qui se sont initiées à 13 voire 12 ans comme sage-femmes, souvent aux côtés de leurs mères ou sœurs. Une d’entre elles m’a confié « quand ma mère a commencé à crier, j’ai su que le bébé était en train d’arriver et j’ai mis les mains ! » Le savoir qui est en soi…

J’ai décidé de me lancer : hop, quelques contacts, quelques billets sur un blog crée cette fois-ci avec le but de faire la promotion de ma pratique et voilà mes premières clientes !

El 6 mois, j’ai pu accompagner 3 naissances (en plus des 3 accouchements que j’ai accompagnés quand je travaillais pour l’UNFPA, en tant que consultante), notamment deux accouchements à domicile, aux côtés d’un médecin exceptionnel, un ami et un frère dans le chemin de la naissance respectée !

Maintenant, je sais que rien n’est aussi beau qu’une femme qui cherche en elle-même sa force pour donner la vie et que rien n’est plus sacré que le mot et le geste justes pour l’aider dans sa recherche.

Et maintenant ?

Retour à la vie européenne. Besoins différents. Pas possible de poursuivre dans cette voie… pour l’instant. Mais je cherche encore une sorte de force, de lumière (et surtout des ressources financières !!!), qui me permettront, peut-être, de revenir vers cette voie que j’ai découverte…

entre temps, reste le blog !

Article sur sages-femmes équatoriennes magazine « En Marche »

Voici un article intéressant de Laurence Biron sur une approche interculturelle en médecine qui se répand en Équateur. Il a été publié il y a quelques mois dans le magazine de la mutualité chrétienne.

Médecins et chamans s’allient pour soigner

A Otavalo, au nord de l’Equateur, le centre de santé Jambi Huasi accueille deux types de médecines. Souvent jugées inconciliables, médecines occidentale et traditionnelle cohabitent pourtant dans un même espace. Aux côtés du dentiste, de la gynécologue et du médecin généraliste, exercent le chaman et la partera, l’accoucheuse traditionnelle. Une rencontre hors du commun de deux façons de soigner et d’envisager la santé. Reportage.

« Deux systèmes de santé sont en lutte: la médecine scientifique ou occidentale bataille pour s’imposer, la médecine traditionnelle des Andes, quant à elle, résiste pour survivre», déclare José Farinango, directeur de Jambi Huasi, un centre de santé niché à 3.000 mètres d’altitude sur la cordillère des Andes. L’histoire de ce centre de santé est celle d’un peuple qui a lutté pour la reconnaissance de ses droits en matière de santé.

Le peuple indigène (6,8% de la population équatorienne) a longtemps été exclu du système de santé. «Nous étions si peu considérés que les médecins n’imaginaient pas que nous pouvions ressentir de la douleur. Mon père s’est même fait renvoyer de l’hôpital», se rappelle encore José. Les médecins ne communiquaient qu’en espagnol aux patients indigènes dont la langue est le kichwa. C’est dans ce contexte social, empreint de racisme et de discrimination, que naît le Jambi Huasi avec le soutien inconditionnel du mouvement indigène local: la fédération indigène et paysanne de la province d’Imbabura. Dans cette région d’Equateur, la population indigène, descendante de l’ancien peuple Inca, représente plus de la moitié (55%) des habitants. Ouvert en 1994, Jambi Huasi (maison de la santé en langue kichwa) tente de répondre aux besoins des patients indigènes locaux dans le respect de leurs traditions et de leurs croyances.

Rétablir l’harmonie spirituelle et physique

Figure emblématique de la médecine ancestrale andine, le chaman appelé le yachac reçoit les patients au même titre que le dentiste ou le médecin généraliste. Avant de rejoindre l’équipe médicale de Jambi Huasi, le yachac, exerçait principalement de nuit, dans l’intimité de sa communauté. Pendant plus de 500 ans, les pratiques des chamans ont été gardées secrètes, puisque légalement et moralement interdites. La Constitution nationale de 2008 a donné un statut légal à cette profession. L’article 363 impose à l’Etat équatorien «la responsabilité de la reconnaissance des pratiques des médecines ancestrales, de ses connaissances et de ses méthodes». Depuis lors, les patients affluent pour consulter Don Javier, le yachac. Parmi eux, des indigènes mais aussi de plus en plus de patients métis. 70 % des patients sont mestizos selon le chaman. Le cabinet de Don Javier, le yachac, baigne dans une atmosphère particulière, presque mystique. Au mur, sont accrochées des peaux de paresseux. Sur sa table, de multiples pots contenant des plantes médicinales sont éclairés par une bougie et par un crucifix lumineux. «Quand une personne tombe malade, cela signifie que l’harmonie physique et spirituelle s’est brisée et mon traitement tente de la rétablir», explique Don Javier tout en préparant ses ingrédients à la lumière de la bougie. Selon la conception andine, la santé est une quête de l’équilibre interne de la personne dans la relation à sa famille, à sa communauté. Et plus largement dans sa relation avec la nature, le cosmos. «Je voyage parfois plusieurs jours en Amazonie pour trouver les plantes dont j’ai besoin», confie-t-il. Les chamans ont recours à plus de 3.600 plantes autochtones pour préparer les remèdes. «Les plantes n’ont pas de pouvoir propre. Ce sont les rituels magiques qui donnent aux produits leur caractère curatif», relève-t-il. Le yachac est considéré comme un intermédiaire entre le monde des esprits et celui des hommes. Don Javier utilise les méthodes de diagnostic issues de la culture indigène, comme la prise du pouls, la lecture de la bougie ou celle de l’urine. Plus surprenante est la “radiographie du cochon d’Inde” qui consiste à passer cet animal sur le corps du malade pour déterminer quels sont les organes atteints. Le savoir du chaman est fondé sur l’expérience et l’observation de la nature, un savoir transmis de génération en génération.

L’accoucheuse traditionnelle à l’écoute

Autre figure emblématique de la médecine des Andes, l’accoucheuse traditionnelle, appelée partera. Après l’accouchement, la partera possède la faculté de faire renaître l’énergie qui a été perturbée, et de ramener la mère à l’équilibre initial. La matrone apporte également son soutien physique et affectif à la future mère tout au long de sa grossesse. D’où son surnom de Mamá. Mamá Margarita Morales exerce ses compétences au sein du village de Karabuela. «J’ai appris les gestes de ma mère, qui les a appris elle-même de sa grand-mère», raconte-t-elle en kichwa. Des mouvements habiles qui permettent le “manteo” du fœtus, c’est-à-dire de lui trouver la place idéale. L’accouchement se réalise dans l’intimité du domicile de la future mère. «La province d’Imbabura compte le plus haut taux de mortalité maternelle et néonatale du pays», explique José Terán, le directeur de l’hôpital San Luis d’Otavalo. «L’accouchement à domicile comporte des risques en cas de complications. C’est pourquoi, nous avons formé les parteras à la reconnaissance de ces risques». Pour réduire encore la mortalité infantile et néonatale, l’hôpital d’Otavalo a adopté une politique de santé ambitieuse qui mise sur l’interculturel.

En avril 2008, l’hôpital public San Luis d’Otavalo a ouvert les portes d’une salle d’accouchement “culturellement adéquate”, c’est-à-dire en phase avec les traditions des mères indigènes. «L’accouchement n’a pas seulement une fonction biologique, c’est aussi l’expression d’une culture», rappelle José Terán. «Nos études ont montré que 90 % des accouchements dans les communautés andines se réalisent en position verticale». La salle d’accouchement s’est dotée du matériel nécessaire pour permettre aux femmes d’accoucher assise ou accroupie selon leurs coutumes ancestrales. L’ambiance de la salle d’accouchement a été réfléchie pour être plus intime. «Les murs des hôpitaux sont blancs et froids. Pour nous, le blanc signifie la mort. Comment allons-nous encourager les femmes à donner la vie dans un lieu qui représente la mort?», explique Mamá Margarita Morales.

La présence de personnes de confiance que sont les accoucheuses traditionnelles a fait croître la fréquentation des patientes autochtones dans les établissements hospitaliers. «La mortalité néonatale a baissé de 50%», s’enorgueillit le directeur. «Mais, il a fallu faire face à la résistance du personnel médical devant des pratiques ancestrales ni scientifiques et ni rationnelles». La position allongée sur le dos est jugée plus pratique pour surveiller l’évolution de l’accouchement. Des ateliers de sensibilisation ont permis une analyse des similitudes et des différences des deux pratiques. Et un véritable dialogue des savoirs entre parteras et obstétriciennes s’est installé. «Toutes les connaissances sont utiles à l’heure de sauver des vies», affirme le Docteur Rosa Simbana. L’accouchement à la verticale fait d’ailleurs de nombreuses adeptes parmi les femmes métisses. «39% des femmes métisses accouchent dans cette position à San Luis d’Otavalo», précise-t-elle. «C’est moins douloureux et plus rapide. L’enfant peut même arriver en dix minutes», assure Mamá Margarita Morales. Les parteras et les obstétriciennes travaillent en binôme et se relaient 24h sur 24h pour assurer le bon déroulement de ces naissances. «En cas de complication, les femmes sont transférées dans la salle d’accouchement normale», explique Rosa Simbana, obstétricienne. «La salle d’accouchement occidentale, je voulais dire», se reprend-elle rapidement. A Otavalo, chamans et médecins, accoucheuses et obstétriciennes se côtoient, se respectent et interagissent pour le bien des patients. Ces programmes pilotes ont réussi leur pari: améliorer l’accès à la santé des plus vulnérables. «Néanmoins 5% de la population indigène de notre région ne se rend jamais dans un centre de santé, faute de moyens de transports», regrette José Terán.

Laurence Biron

La médecine alternative en vogue Au sud de la cordillère des Andes, l’hôpital privé de Riobamba articule, quant à lui, trois types de médecines. L’aile de médecine andine côtoie celle de médecine occidentale, appelée chimique. Ou encore allopathique, pour marquer sa différence avec la médecine alternative qui a aussi sa place dans l’enceinte de l’hôpital. «Nous pratiquons l’homéopathie, l’acupuncture, l’ostéopathie, le reiki et le biomagnétisme», annonce Laura Burgos, la directrice de l’hôpital. Ces médecines, nées d’une protestation contre le monopole de la médecine allopathique au début du 19ème siècle, ont vu tôt le jour dans les Andes, notamment à travers l’homéopathie. «L’idée est d’offrir aux patients plusieurs possibilités en fonction de leurs convictions ou préférences», poursuit Laura Burgos. Les différents médecins ont une vision large des autres pratiques et interagissent ensemble pour le bien du patient. «Chacun connaît les limites de sa médecine. Si le patient a une fracture, le yachac le transfère vers la zone de médecine “scientifique”». Les Equatoriens savent reconnaître ce qui peut être résolu via la médecine traditionnelle, la scientifique ou l’alternative.

Et voici la page source

je promets une traduction un jour… mais pas demain 😉

Citations sur l’accouchement : pour redécouvrir la confiance (1)

Quelques phrases intéressantes sur la naissance traduites du site Preparing for birth

La naissance est peut-être une question d’un moment. Mais il s’agit d’un moment unique. Frederick Leboyer

Si tu te couches sur le dos, le bébé ne sortira jamais! Proverbe amérindien

Sur la naissance de son 2e fils, Owen : ‘Je voulais accoucher, par opposition à me faire accoucher!’ Ricki Lake

Accoucher ne génère pas seulement des bébés. Accoucher génère aussi des mères ~ fortes, compétentes, habiles… mères qui se font confiance et qui connaissent leur force intérieure. Barbara Katz Rothman

Avoir un chirurgien obstétricien hautement qualifié pour s’occuper d’un accouchement normal reviendrai à avoir un chirurgien pédiatrique pour faire du babysitting auprès d’un enfant de deux ans en parfait état de santé. M. Wagner

Les parallélismes entre faire l’amour et accoucher sont clairs, non seulement en termes de passions et d’amour, mais aussi parce que nous avons besoin des mêmes conditions essentielles pour les deux expériences : intimité et sécurité. Sarah Buckley

L’effort pour séparer l’expérience physique de la naissance des aspects mentaux, émotionnaux et spirituels de cet évenement a servi pour enlever du pouvoir aux femmes et pour en abuser. Mary Rucklos Hampton

La sagesse et la compassion qu’une femme expérimente intuitivement lors de l’accouchement peuvent faire d’elle une source de guérisson et de compréhension pour d’autres femmes. Stephen Gaskin

Accouchement à domicile vs. accouchement à l’hôpital : le mythe de la sécurité

On dirait que toutes les sociétés sont construites sur base de violences multiples, institutionnalisées et apparemment généralisées : la domination des plus vieux sur les plus jeunes, des homme sur les femmes, des experts sur les profanes, les riches sur les pauvres, etc.

Peu d’événements incarnent si bien cette multiple domination comme la naissance des êtres humains. Ce qui pourrait sembler normal puisque dès que le bébé apparaît, la société souhaite lui imprimer sa marque, le domestiquer, le séparer de la fusion avec le corps maternel. Ordonner le chaos.

Dans les sociétés « traditionnelles », les rites visent à inscrire le nouveau membre dans leur filiation, à chasser les mauvais esprits, à le protéger des forces surnaturelles et d’autres agents morbides, selon la cosmogonie propre de la société en question.

Dans nos sociétés, les bébés naissent sur l’autel de la science. On nous consacre, avant même que nous respirions, au dieu de la technologie. Échographies pour détecter des malformations et maladies, examens et diagnostics, mesures et analyse. Les rites de la naissance dans les hôpitaux nous confortent dans la croyance que nous pouvons tout contrôler et que ce contrôle est bon pour nous.

Sans ignorer les bénéfices indéniables des avances scientifiques pour détecter et traiter des pathologies liées à la gestation, à l’accouchement et au postpartum, il convient de se demander quelle est leur place. Est-il indispensable de faire un test de glucose à toutes les femmes enceintes ? D’appliquer des hormones synthétiques à toutes les parturientes qui tardent à dilater ? Utiliser un monitoring continu pendant des heures apporte-il une information réellement indispensable ou augmente seulement les risques de souffrance fœtale ?

Voilà les questions que l’institution hospitalière ne peut pas se poser jusqu’aux dernières conséquences. L’hôpital est une institution totalisante, uniformisante, homogénéisante. Les institutions comme les hôpitaux ont une logique de rentabilité et d’efficacité. Elles sont destinées à une prise en charge industrielle. L’homme doit s’adapter à la technique, la technique ne peut pas s’adapter à la infinie diversité humaine.

Gestion du personnel, gestion du matériel, gestion des espaces, gestion des risques, administration des coûts… voilà les logiques hospitalières.

Voici la logique de la société post-industrielle. Voici la logique violente que l’hôpital inscrit dans nos corps de femmes donnant la vie et dans les premières heures de vie de nos enfants. Cette violence est nécessaire quand un danger plus grand nous oblige à avoir recours à la science et à la technique pour faire face à un problème suffisamment grand, qui justifie de nous soumettre à ces logiques déshumanisantes. Recourir à la science quand la vie a besoin d’une véritable aide et ne pas lui abandonner notre corps et nos affects.

Rester à la maison tant que la vie se suffit à elle même nous garantit la sécurité qui découle du fait d’être respectées. Partir à l’hôpital quand la vie se gâte pour chercher ce qu’elle a perdu et, surtout,… s’approprier le pouvoir de savoir quand la ligne entre les deux a été traversée (ou déléguer le pouvoir à une personne qui possède les outils pour savoir si on a traversé cette ligne, sage-femme, doula, médecin ou un/e autre qui le fait en respectant notre humanité).

« Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une ni l’autre… et tu finiras par perdre les deux! » T Jefferson

Seulement 4% d’accouchements ont lieu à domicile

Le CRIOC vient de publier une étude sur la maternité.

On y apprend, à travers un « échantillon aléatoire stratifié… » que la plupart de jeunes mamans est satisfaite de leur accouchement en maternité. Les critères?

– la disponibilité du personnel

– la modernité/propreté des locaux

– pouvoir recevoir des conseils pour nourrir son enfant

– conseils pratiques pour soigner bb

– possibilité de la présence du père lors de l’acc.

– conseils pour l’allaitement

– le confort des chambres

Il paraît que « seulement 4% d’entre elles, parmi les plus âgées, ont accouché à l’ancienne, à leur domicile. » Nous y voilà, l’amalgame est faite : « accouchement à domicile – plus âgées – à l’ancienne ».

A quand une étude COMPARATIVE???

« Révue de web » sur l’Accouchement à domicile

Voici quelques nouveautés sur la toile à propos de l’aad (en Belgique surtout!) :

les mutualités commencent à adapter leur services

on peu désormais louer du matériel spécifique pour l’aad

et il y a même une prime à la clé dans certraines assurances hospitalisation (je trouve ça maigre par rapport aux ENORMES réductions de frais que ça réprésente pour la collectivité… mais bon, c’est un début!)

comparez vous-même la différence de couts entre une accouchement à l’hôpital et un accouchement à domicile!!!

et petit à petit l’idée fait son chemin parmi les socialistes aussi

et même la région de Bruxelles capitale en parle plutôt positivement!!! (par contre, c’est faux qu’il n’y a pas de centre où accoucher dans l’eau à BXL! on peu accoucher dans l’eau à St Elisabeth! Et une maison de naissance va bientôt être ouverte dans la capitale!)

et un truc auquel je n’avais pas pensé : faire appel aux services de soins à domicile en cas de besoin d’un coup de main… bien vu!

et une affaire à suivre : le cd&v nva aa posé une question au sénat concernant l’évolution des % des accouchements à l’hôpital  et à domicile pendant les 5 dernières années (suite à l’apparition d’une thèse qui avance que les femmes sont plus satisfaites de leur accouchement en flandre qu’aux pays bas) affaire à suivre! j’avoue que je suis curieuse de voir où ça mène…

Mais il y a des trucs nuls aussi, je mets pas les liens pour ne pas leur faire de la pub (le ligueur, toujours aussi fermé donne, par exemple une info biaisée et fausse! )

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