Posts Tagged ‘consommation éthique’

Une année sans voiture

Tout a commencé sans péméditation. Un jour la voiture familiale est tombée en panne et s’est avérée irréparable. Nous nous sommes retrouvés face à un choix : soit on en achetait une d’occasion, soit on s’endettait pour acheter une neuve, moins polluante. On s’est dit  « Et si on essayait de s’en passer? ».

Nous avons décidé de rien décider et…. une semaine plus tard, tout se passait toujours bien! Puis un mois entier s’est passé sans que la voiture s’avère indispensable, puis le printemps est arrivé… A ce moment-là, nous avons reçu quelques centaines d’euros pour « l’épave » et nous avons acheté deux vélos, avec siège bébé…

Et nous voilà parents sans voiture…ou vélo-parents!

« Impossible » selon certains, « choix fanatique » selon d’autres… « irresponsable » d’après la plupart (c’est tellement dangereux et pluvieux dans la rue!!). Les préoccupations et questions les plus courantes sont « et comment vous faites pour les courses? » ou bien « mais ça ne vous fait pas peur de rouler avec les petits à vélo? », « c’est pas dangereux? » ou le classique « mais vous êtes en train de respirer toute la pollution!!! » ou bien… « ah! si j’avais le temps!… »

Bien… les courses : c’est vrai, nous ne faisons pas des courses une fois tous les quinze jours au supermarché… (d’ailleurs, nous n’allons pas au supermarché en dehors de rares situations de dépannage). Nos légumes  sont déposés toutes les semaines à une école près de chez nous, avec un système se souscription à un « panier bio ». Les produits d’entretien et d’épicerie, nous les achetons au fur et à mesure au magasin (bio), en rentrant ou en allant au boulot, et les laitages et viandes une fois par semaine au marché. Et tout se tient : on participe à un mode de consommation en dehors du cycle de la grande distribution, avec tous ses avantages : plus solidaire, plus éthique, moins polluant, plus sain… Et c’est vrai que, en étant obligés de transporter ce qu’on achète avec l’élérgie de nos jambes… on achète le nécessaire et pas du superflu! Résultat : moins de gaspillage et moins de déchets!

Le temps : c’est vrai, il pleut (beaucoup) en Belgique… Mais il est possible de s’équiper en vêtements de pluie adaptés et le temps qu’on perd en s’habillant et en habillant les gosses (et oui, ça prens un temps fou!) on le gagane lorsque les embouteillages bloquent tout le monde… sauf les cyclistes!

Le danger : en 1 an le bilan est d’une chute toute à fait bénigne tout au début de l’aventure… Mais c’est vrai, le danger est là… et plus on évite le traffic mieux c’est!

La pollution : ça, ça me fait rire… quand on sait que l’endroit le plsu pollué est habitacle des voitures… No comment! Bon, ceci dit, mon homme vient de s’acheter un masque… pourquoi pas?

Donc, un an sans voiture, jour pour jour…. Bilan positif! On continue!

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Quand Marianne incite à la consommation de produits industrialisés

Mon coup de gueule su Agoravox

A croire l’article paru dans Marianne, « Quand l’écologie renvoie les femmes à la maison », (également commenté sur NaturaVox) l’accouchement non-médicalisé, l’allaitement, l’utilisation des couches lavables et le refus de consommer des produits industrialisés seraient des pratiques dangereuses, voire déviantes. La promotion de celles-ci serait une sorte d’encouragement à la relégation de la femme dans la sphère reproductive, un retour en arrière.

Je suis convaincue que ces pratiques sont surtout une forme de résistance à un modèle relationnel individualiste et compétitif, où la qualité des rapports est évaluée à partir du point de vue de la performance et où il n’y pas de place pour le respect de notre écosystème.

D’après mon vécu de mère, de citoyenne et de féministe, ces choix parentaux sont complètement compatibles avec une vie “moderne” et, contrairement à ce que cet article prétend, ils encouragent une implication des hommes dans la sphère de la reproduction. Je rejoins tout à fait l’auteure de l’article dans sa conclusion : la répartition des tâches ménagères et des soins entre les sexes est inégalitaire. Mais de là à vouloir nous faire croire que le choix en matière de parentage soit le problème…

Les choix comme l’allaitement, le cododo, l’accouchement libre et l’utilisation des couches lavables visent à créer et maintenir un lien intense entre parents et enfants pour un épanouissement de tous les membres de la famille et dans le respect de l’environnement. Est-ce que cela implique nécessairement le « retour » de la femme au foyer ? Est-ce qu’elle en a été vraiment libérée avec l’arrivée des biberons, des petits pots et des couches jetables ?

En tant que mère, travailleuse et femme pratiquant ces choix, je suis aussi sensibilisée à un mode de consommation raisonné et raisonnable. Le respect de la nature est une priorité pour moi et inspire souvent mes préférences en matière d’éducation et de mode de relation avec mes enfants. Néanmoins, respect de la nature ne veut pas dire pour autant “naturalisation” de l’identité de genre. Il ne faudrait pas confondre le style de parentage que je défends, qui est basé sur l’empathie et le respect des sentiments et besoins de l’enfant avec un quelconque paradigme basé sur “l’instinct maternel”.

Personnellement, l’idée que l’on puisse prôner le fait de “suivre son instinct maternel” me semble une source inépuisable de culpabilisation des mères qui ne ressentent pas cet “instinct”. Je suis sûre que nous n’en ressentons pas. Nous l’apprenons et nous l’agissons… et nous sommes libres de le choisir.

Ma démarche est un choix conscient, réfléchi, orienté par la jouissance de la proximité avec l’autre en général et l’enfant en particulier. Il diffère, d’un autre style de parentage axé sur la performance et cette performance est mesurée en fonction du moindre impact sur la vie des adultes (moins de pleurs, moins de réveils nocturnes et, en général, moins de ‘contraintes’ sur le corps des parents, surtout de la mère) et est basé sur les croyances que l’on doit “apprendre l’autonomie” à un jeune enfant et que les soins à son égard doivent être reduits à leur strict minimum, coûte que coûte. On ne s’interroge pas sur qui fait les frais de cette économie de soins : les plus vulnérables, la plànète.

Ces choix émanent souvent d’une réflexion de la part de parents conscients, qui refusent d’ailleurs que ceux qui font partie de la sphère médicale ou psychanalytique se croient les seuls à jouir d’outils de réflexion et que les seules ressources existent dans la consommation de marchandises.

Comme pour toute pratique sociale, il est primordiale que les parents qui se sentent attirés par des alternatives puissent découvrir d’autres pratiques de parentage et de se les approprier. Les articles comme celui de Marianne, qui ne proposent rien en termes pratiques mais qui dénigrent des choix qui sont de plus en plus répandus, me semblent peu constructifs.

Je me dis mère insoumise car je refuse de me soumettre à une idée figée et normative de la maternité, de ce que je serais censée sentir ou faire en tant que mère et en tant que femme. Je veux tout simplement vivre cette expérience d’une manière épanouissante et durable et cela passe par une profonde remise en question de ce que la société attend des femmes et des modèles féminins qu’elle propose. Je ne me reconnais pas en la mère courage qui ne fait que ce que son enfant lui demande, lui exige… Je ne me reconnais pas non plus dans le modèle de la professionnelle carriériste pleine de succès, mince et avec un brushing toujours impeccable… encore moins dans la superwoman qui a des enfants parfaits, qui mène son ménage de main de maître et qui enchaîne voyages d’affaires et promotions chaque année.

Les pionnières de la seconde vague du féminisme se sont méfiées de la maternité et ont vu en elle l’origine de l’oppression que nous devions combattre. Elles avaient raison : la maternité imposée devait être un véritable cauchemar. Ne pas savoir si durant des mois ou des années on tomberait enceinte ou on serait à charge d’un ou de plusieurs enfants, s’avérait incompatible avec le développement de tout projet personnel. Sans contraception sûre ni accès à l’avortement, la seule manière de préserver son autonomie était la chasteté et le célibat, mais très peu osaient choisir délibérément cette voie.

Maintenant nous avons les moyens de nos choix.

Le féminisme – surtout le féminisme libéral et reformateur- est victime de son incapacité de considérer l’ humain dans sa dimension relationnelle : il ne suffit pas de définir un idéal de l’être, il est nécessaire d’observer comment est la vie quotidienne, comment sont les affects et les émotions. Le citoyen modèle est un homme blanc hétérosexuel et bon consommateur. Devons-nous nous assimiler à ce modèle ? Devenir ce modèle ?

Notre vie quotidienne est faite de rencontres et de relations avec d’autres êtres : hommes, femmes, parents, enfants, vieux, bébés, gens autonomes, gens dépendants… Elle est aussi faite d’interactions avec l’environnement. Il est urgent, aujourd’hui, de penser à un féminisme qui libère nos relations et qui nous offre du bonheur -ou au moins de la satisfaction- dans ce qui est quotidien et dans nos rêves. Ce féminisme-là nous oblige à penser l’égalité et la liberté dans un contexte relationnel. La question n’est plus « qui est l’ennemi principal ? » La question est « comment vivre et être heureux sans ennemi ? »

Mode de vie et tri des amis

Les choses deviennent un peu plus sérieuses à la trentaine. On fait des choix, on doit les assumer.

Nous voici quelques mois sans voiture. Nos déplacements se font exclusivement à vélo ou en transport public. Nous sommes contents avec ce système qui satisfait nos besoins de cohérence avec certaines valeurs (respect de l’environnement, anti-consommation, vie urbaine saine).

Mais cela commence à avoir un effet « de tri » des personnes que nous fréquentons. En effet, nos activités sont rythmées et limitées par l’accessibilité des lieux à vélo ou en transport public. Les accros à la bagnole, peu sensibilisés au caractère excluant de certains choix, oublient qu’organiser certaines activités à des kms de Bruxelles empêchent notre autonomie : il faut demander un lift… et quand il s’agit d’une activité familiale… Bien, nous sommes 4 à caser!

Alors on évite de devoir demander si on veut bien nous accepter dans la voiture de l’un ou de l’autre. On évite de déranger, on évite de mettre l’accent sur ce qui commence à être un signe distinctif de notre identité : et oui, nous refusons de vivre comme si le pétrole était inoffensif et inépuisable! Si cela implique devoir changer de cercle d’amis, c’est bien dommage… mais c’est bien aussi. Les choses n’arrivent jamais seules… Faut assumer le changement.

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