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Parents actifs madeineurope : pour un congé de maternité plus long

Je vous invite à découvrir un blog très important : « parents actifs madeineurope« . Pour un congé de maternité qui nous permette de conciler vie professionnelle et vie familiale!

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Congé de maternité de 24 semaines: équilibre entre vie professionnelle et vie familiale

Voici ce que la Commission Européenne a publié aujourd’hui :

« La Commission s’apprête à adopter un train de mesures pour favoriser l’équilibre entre la vie professionnelle, la vie privée et la vie de famille des Européens en améliorant les congés de maternité, en renforçant la protection des femmes exerçant une activité indépendante et en faisant état des objectifs de l’Union en matière de services de garde d’enfants. Ce «paquet» comprend:
– une communication définissant des stratégies destinées à permettre aux hommes et aux femmes de mieux concilier les impératifs contradictoires de la vie de famille et de la vie professionnelle. Cette communication présentera les récentes évolutions dans l’Union en matière d’équilibre vie professionnelle-vie privée, dont le lancement de négociations entre les partenaires sociaux concernant le congé parental, et formulera des propositions pour l’actualisation et le renforcement des directives sur le congé de maternité (92/85/CEE) et sur les personnes exerçant une activité indépendante (86/613/CEE) (voir ci-dessous);

– une proposition sur le congé de maternité visant à améliorer la conciliation entre vie de famille et vie professionnelle des femmes qui ont récemment accouchées, ainsi qu’à accroître le taux de participation des femmes au marché du travail. Cette proposition se penchera sur la durée du congé de maternité, la souplesse des modalités relatives au moment de la prise de congé, ainsi que le montant des allocations de maternité;

– une proposition visant à améliorer la protection des femmes exerçant une activité indépendante et des conjoints aidants afin d’accroître le nombre de femmes engagées dans la création d’entreprises en Europe et de les aider à rester en activité, indépendamment de leurs responsabilités familiales;

– un rapport sur les services de garde d’enfants dans les États membres, traitant d’aspects tels que l’accessibilité, la disponibilité, le coût et la qualité. Ce rapport s’appuiera sur de récentes données harmonisées d’Eurostat.
Le contexte:
Les politiques destinées à permettre aux hommes et aux femmes de concilier les impératifs contradictoires de la vie de famille et de la vie professionnelle contribuent à des objectifs stratégiques majeurs, dont la croissance, l’emploi et l’égalité des sexes. Mais les lacunes de ces politiques et leur application différenciée selon le sexe font que cette contribution ne se concrétise pas. Toute avancée à cet égard serait synonyme d’avantages économiques et participerait aux objectifs de l’agenda de Lisbonne pour la croissance et l’emploi.
La disponibilité de services de garde d’enfants est un aspect déterminant de l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privé des Européens, qui favorise également l’augmentation du taux d’emploi des femmes. Réunis à Barcelone en 2002, les dirigeants européens ont fixé pour la capacité d’accueil, d’ici 2010, un objectif de 90 % au moins des enfants entre trois ans et l’âge de scolarisation obligatoire, et de 33 % au moins des enfants de moins de trois ans.
L’événement:
Adoption du «paquet» par la Commission et conférence de presse du commissaire Špidla dans la salle de presse du bâtiment Berlaymont, à Bruxelles. Heure à confirmer. »

(pour info, ça s’est passé à midi!)Diffusé sur EbS

Voici ce qu’il faut EXIGER :

  • congé de maternité de 24 semaines pour toutes
  • arrêt obligatoire de minimum 6 semaines après l’accouchement et ce quoiqu’il arrive (peu importe le temps d’arrêt avant l’accouchement!)
  • maintien du 100% du salaire
  • protection des jeunes mamans un an après la naissance

Un collectif de lobbying pour un congé de maternité de 24 semaines pour toutes est en train de s’organiser au sein du forum mamansnature.aceboard.fr rubrique « allaitement ».

relayez l’info!!!

Coïncidence? Les femmes africaines ont trop de césariennes.

Ceci est un petit billet plein de colère… Les conclusions que j’y propose sont tout à fait intuitives… quoique… à la lecture de certains articles, il semblerait que mon intuition n’est pas si loin des statistiques.

Voici les faits :

2004:je suis enceinte, une collègue aussi… ma collègue est métisse et toutes les deux sommes branchées « non-violence ». Toutes les deux voulons des naissances sans violence et suivons des préparations orientées là-dessus. Hélas, elle m’apprends quelques mois plus tard, qu’elle a eu son bébé par césarienne. Absence de progression à 5cm de dilatation…

2008: autre amie, black, nous apprends qu’elle a eu son bambin par césarienne à cause d’un dépassement de terme et « un déclenchement raté »

2008 : autre amie black met au monde une fille pr césarienne. Elle était « trop grande » à l’écho pour passer par voie basse. Sa fille fait un « record » de 3200g (mes enfants ont fait 3500 et 3900 et moi je les ai eu par voie basse sans rien de plus qu’une éraflure!)

Coïncidence??? Je ne crois pas.

Mes observations sur la corrélation entre le statut des femmes dans la société et le respect de leurs besoins physiologiques lors de l’accouchement me fait craindre un sinistre déplacement d’interventions chez les femmes du Sud, ou des femmes qui ont le type physique qui fait croire, inconsciement, aux médecins qu’il se retrouvent face à quelqu’un de statut inférieur…

Je retrouvé ceci qui semble soutenir mon hypothèse : 25% de plus de césariennes chez les « noires africaines » dans une maternité française… certes, l’incidence du SIDA y est pour quelque chose, mais… c’est suffissant pour expliquer l’ensemble des cas???

Dans un autre document, le taux de césarienne augment avec le niveau socio-économique des femmes… inquiétant, n’est-ce pas???

A vous de voir…

Quel féminisme pour une laïcite interculturelle?

Voici mon dernier article dans le Bruxelles Laïque Echos… Si vous voulez le lire « à la source », c’est en page 17

Bonne lecture!

Quel féminisme pour une laïcité interculturelle ?

Parmi les principes chers à notre mouvement, l’égalité des genres s’érige comme un fleuron, comme la plus-value qui nous permettra de marquer « notre différence dans le débat philosophique qui nous oppose aux religions »[1].

D’un côté, l’engagement dans des combats comme celui pour la dépénalisation de l’avortement ont placé notre mouvement à l’avant-scène des luttes pour l’émancipation des femmes.

D’un autre côté, la démarche des féministes -que cela soit à l’époque des Lumières, lors de son émergence, ou lors de la 2ème grande vague du mouvement, au 20e siècle-, consiste à déconstruire et à dénoncer la supériorité et l’universalité du sexe masculin dans le Droit naturel (Olympe de Gouges, Wollstonecraft) et dans les savoirs (Beauvoir). Cette démarche pleinement libre-exaministe démontre les irrationalités au sein du Droit et au sein de la pensée scientifique.

Une bonne partie du travail critique de figures comme Simone de Beauvoir s’est concentrée à dénoncer le fait que les sciences (naturelles et humaines) « oublient » de s’appliquer à elles-mêmes la critique méthodologique d’interrogation de ses idées fondatrices ; cette critique permettrait de mettre en question le postulat de bon nombre de disciplines qui définissent les femmes comme les « autres ».

Néanmoins, au delà de l’engagement laïque dans la lutte pour l’égalité des genres et des fondements libre-exaministes de la démarche féministe, les moyens proposés actuellement par une majorité de militants laïques pour atteindre l’égalité flirtent avec une « tentation dogmatique » : celle d’imaginer qu’il y aurait un seul modèle d’émancipation et un seul moyen d’y parvenir.

Laïcité et féminisme : même combat ?

Ces deux mouvements semblent se fondre dans une même démarche et semblent partager des objectifs communs. Certains auteurs affirment que « Le féminisme est une plante qui ne peut pousser que dans le terreau de la laïcité »[2]. Faut-il être laïque pour être féministe ?

Toutes les femmes qui, un jour ou l’autre, prennent conscience de leur condition, se révoltent contre une configuration des rapports de genre qui les placent dans une position de subordination et s’engagent dans la lutte pour changer cette situation peuvent être appelées féministes.

Cette prise de conscience se fait à partir de l’expérience de chacune, elle-même façonnée à partir du contexte où elle a évolué. Il y a une infinie diversité de femmes et elles ne composent pas un groupe social déterminé. Avant d’avoir conscience d’être femme et subordonnée en tant que telle, on appartient à une classe, à un « groupe ethnique », à une communauté, etc. Souvent, la prise de conscience de la discrimination de genre vient se greffer à d’autres discriminations sociales, de couleur de peau, d’appartenance à une communauté, d’orientation sexuelle, etc.

C’est à partir de l’appartenance à un contexte spécifique que les femmes s’inscrivent dans une démarche féministe et c’est en identifiant ce qui est à l’origine de leur subordination qu’elles développent leur action. Cela peut inclure une remise en cause des croyances religieuses, mais pas toujours et pas nécessairement. Il est possible de remettre en cause certains dogmes religieux, qui seraient à l’origine de l’inégalité de genre, sans toutefois renoncer en bloc à l’idée de l’existence de dieu.

Par exemple, il existe actuellement, un mouvement qui prône une re-lecture des textes religieux, notamment parmi les féministes musulmanes, et qui remet en cause le statut inférieur des femmes au sein de leur communauté. Cette démarche peut ne pas être laïque, mais elle est anti-dogmatique et définitivement féministe.

Ainsi, au sein de chaque groupe social et de chaque société, les femmes vivent des formes spécifiques d’oppression, d’où la difficulté à unifier les stratégies pour arriver à l’égalité : à partir de chaque contexte, les moyens adaptés pour abolir les discriminations doivent être ciblés puisqu’il s’attaquent à un mécanisme de domination particulier. Plus que le fait de partager le même sexe, c’est l’universalité de leur subordination qui rapproche les femmes et, malgré les combats gagnés, aucun pays ou aucune société ne peut se targuer d’être arrivé à vaincre le patriarcat. Même les sociétés démocratiques, où la laïcité est reconnue, où l’égalité de genre est acquise au niveau juridique, où la loi proscrit les discriminations n’ont pas réussi à détruire l’inégalité de fait, le plafond de verre, la double journée de travail, la sous représentation politique des femmes…

Certes, historiquement, le combat laïque a réussi à préserver l’espace public des dogmes religieux qui instauraient inégalité des genres, mais ce sont les femmes qui ont démontré où s’arrêtait l’universalité prônée par les Lumières, où se situaient les limites des raisonnements progressistes. Le mérite des militants laïques a consisté à intégrer pleinement, mais ultérieurement, cette démarche critique des femmes dans leur combat et, ce faisant, ils ont ajouté de la cohérence à leur démarche, s’inscrivant dans une tradition anti-dogmatique et libre-exaministe.

La laïcité n’a pas permis, à elle toute seule, de créer une société égalitaire pour tous les sexes, c’est pour cela que la lutte féministe continue. Mais, le féminisme ne peut être véritablement universel que s’il prend en compte les différences de contexte qui sont à l’origine des différentes stratégies de libération des femmes.

Conquêtes du féminisme libéral…

En Europe, la conquête de l’égalité formelle s’est faite d’abord à travers le suffrage universel, puis sur base d’autres politiques de promotion de l’égalité des genres majoritairement et traditionnellement issues d’une vision libérale de l’individu et du féminisme.

A partir de cette vision, qui est en filiation directe avec les idéaux de la Révolution française, la liberté individuelle et l’égalité sont les deux axes principaux de la lutte.

Ce courant estime que les réformes des lois vont permettre d’atteindre l’égalité complète : les sociétés démocratiques modernes seraient perfectibles et passibles d’être mieux adaptées aux femmes. Dès lors, un effort doit être fourni en termes de lutte contre les valeurs rétrogrades, souvent véhiculées par les religions, rendant possibles les discriminations. Alors, les moyens les plus efficaces pour enrayer les discriminations seraient la représentativité politique des femmes, l’éducation non-sexiste et un arsenal juridique approprié à la lutte contre les discriminations.

Dans la vision libérale du féminisme, on croit à la possibilité d’atteindre l’égalité des genres dans le système actuel. C’est pour cette raison qu’on appelle ce courant « réformiste » ou « modéré » et ce malgré les apparences combatives que ses tenants pourraient endosser. En effet, les féministes libéra-ux-les seront souvent mal à l’aise avec les lois sur la parité, les systèmes de quotas et autres mécanismes basés sur l’identité de genre qui tentent de proposer des solutions aux échecs des mesures formelles.

Finalement, dans cette perspective, l’universalisme libéral serait tout à fait capable de s’accommoder des différences de toute sorte si toutefois l’individu se montre capable de laisser ses appartenances de côté au sein de la sphère politique.

Nous sommes dans une grille de lecture, inscrite dans la tradition moderne qui, depuis Descartes, repose sur le mythe du sujet en tant que substitut de Dieu dans la philosophie : sujet conscient, autonome, unifié, rationnel, calculateur, transparent… Cette tradition se traduit, dans le domaine politique, par une conception des citoyens équivalents entre eux et abstraits, déliés de leurs particularités et imperméables à une quelconque détermination sociale, économique, culturelle ou politique qui engendre la maîtrise d’un groupe dominant sur les autres composantes de la société. A un tel niveau d’abstraction, tous les individus peuvent être dit égaux en droit alors que dans les faits cette conception masque la maîtrise d’un groupe dominant sur les autres composantes de la société. Toute la pensée « post-moderne » (psychanalystes, anthropologues, philosophes, etc.) a consisté à déconstruire ce dogme de l’individu et à montrer qu’il ne correspond en rien à la réalité des hommes et des femmes concrèt-e-s.

… et défis féministes de la laïcité interculturelle.

Face à l’échec des mesures formelles (accès au droit de vote, égalité juridique) pour donner une place aux femmes dans la sphère publique et dans un contexte d’effervescence sociale et politique, émergent d’autres positions et d’autres voix. Certains vont qualifier ces nouvelles démarches féministes de « radicales ».

Ce courant radical va dénoncer l’impossibilité de lutter contre l’oppression des femmes sans une profonde remise en question des fondements de la société, de la démocratie et des rapports sociaux. Les réformes ne suffisent pas à distribuer le pouvoir et les ressources entre l’ensemble des citoyens. Le changement que les femmes exigent n’est pas une adaptation du système à leurs intérêts sur base de mesures d’exception, mais une part active dans la prise des décisions qui concernent la chose publique et « si les impératifs sociaux sont tels que la majorité de la population ne puisse s’y adapter, c’est qu’ils sont inadéquats et qu’il faut les changer. »[3]

De même, le courant radical s’est nourri de l’analyse d’autres féminismes, vénus d’ailleurs, nourris des expériences de femmes noires, des lesbiennes, des transgenres, des femmes du Sud et, en général, des femmes issues des sociétés post-coloniales. Elles ont dénoncé la réalité des discriminations multiples et le vécu d’un quotidien marqué par le racisme et les injustices à l’égard de leur communauté ou de leur « race ». Pour beaucoup d’entre elles, la prise de conscience de leur oppression en tant que femmes est indissociable de la prise en compte de l’oppression qui les rend aussi solidaires avec leurs hommes.

Les constats qu’elles apportent exigent l’élargissement des stratégies de lutte contre les inégalités. Plus que jamais, les voies pour l’émancipation des femmes semblent se multiplier et se diversifier.

Néanmoins, malgré cette richesse, nous retrouvons, dans nous sociétés occidentales et confrontées à la diversité de leur population, un discours excluant et stigmatisant qui, sous couvert d’un discours émancipateur, prône une seule voie, prétend verrouiller la démarche de lutte pour l’égalité de genre et l’utiliser pour créer une division et une classification entre les femmes.

Les démarches qui visent à dénoncer le sexisme spécifique au sein d’un groupe social -souvent ethnicisé- le qualifiant « d’extraordinaire » provoquent, à juste titre, le refus des femmes que ce discours voudrait émanciper.

De même, en dénonçant le sexisme chez les « autres » on tente de nier les inégalités présentes dans toute la société. Cette démarche se présente comme féministe, mais « Tout ce qui minimise le patriarcat ou la conscience de son existence va à l’encontre du féminisme comme action et comme théorie »[4].

Pour une laïcité sensible à la polyphonie féministe et féminine

Tout au long de son histoire, la laïcité a su intégrer les voix de ceux et de celles qui ouvrent des brèches dans la pensée unique. Actuellement, le défi est celui d’intégrer ces nouvelles voix féminines qui dénoncent le fait que l’égalité entre les sexes prétende être l’apanage d’un seul groupe social.

Idéalement, la laïcité devrait enrichir son projet du « vivre ensemble » tout en créant des alliances avec des femmes qui se retrouvent dans cette intention anti-dogmatique. Mais, attention « Si on dit que l’égalité homme-femme ne se conçoit qu’en se débarrassant des religions, aucune femme croyante n’adhèrera à cette idée d’égalité parce qu’elle percevra le féminisme comme une menace pour ses valeurs religieuses. Tout en sachant, en plus, que les hommes pratiquant la même religion auront vite fait de diaboliser le féminisme… »[5]

Dans la démarche actuelle du mouvement laïque belge, qui vise à créer des « rencontres avec (… ) celles qui aspirent à la reconnaissance de leurs droits et s’organisent pour se défendre et y parvenir »[6] une attitude d’ouverture pour une polyphonie féministe semble plus nécessaire que jamais.


[1] P Galand Regards sur la laïcité. Vers une société plus juste. Passerelles n°66 p 9

[2] Teresa López Pardina in Feminisme et laïcité Révue Chimères, n° 65 p138

[3] F Collin La démocratie est-elle démocratique ?, repris dans Cahiers du Grif (« La société des femmes »), Bruxelles, Ed Complèxe, 1992

[4] C Delphy Antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme Nouvelles Questions féministes, n°1 – 2004, p 77

[5] Mwana Muke Je suis une féministe bourgeoise http://www.feministes.net/

[6] P Galand Regards sur la laïcité. Vers une société plus juste. Passerelles n°66 p 9.

Nouvel ouvrage de témoignages d’accouchement à domicile

Le nouveau né s’appelle Intimes naissances

ISBN : 978-2-84221-185-1
448 pages imprimées sur papier recyclé
photographies N&B
Coordonné par Juliette Collonge & Cécile Collonge
Préface : Catherine Dumonteil-Kremer
23 euros

Je pense que je vais le lire et écrire une note ici dans pas longtemps. Entre temps, je me permets d’en faire de la pub;)

En plus, le le site web a plein de références sur l’AAD! une vraie mine d’or!

Pourquoi je suis une mère insoumise

Selon certains auteurs, l’accouchement non-médicalisé, l’allaitement long, le cododo, seraient des pratiques dangereuses, voire déviantes.
La promotion de celles-ci serait une sorte d’encouragement à la relégation de la femme dans la sphère reproductive, un retour en arrière.
Je suis convaincue que ces pratiques sont surtout une forme de résistance à un modèle relationnel individualiste et compétitif, où la qualité des rapports est évaluée à partir du point de vue de la performance.
D’après mon vécu de mère et de féministe, ces choix parentaux sont complètement compatibles avec une vie « moderne » et ils permettent une implication des hommes dans la sphère de la reproduction, traditionnellement assimilée à la féminité.
En effet, ces choix en matière de parentalité visent à créer et maintenir un lien intense entre parents et enfants pour un épanouissement de tous les membres de la famille.
Un père peut s’impliquer autrement qu’en donnant un biberon : assumer des tâches domestiques plus étendues et à plus long terme nous semble un signe d’implication aussi (voire plus) précieux que de nourrir un bébé. Se lever la nuit pour bercer et rassurer ses enfants peut se faire en parallèle avec un allaitement exclusif.
De même, le protagonisme du couple dans la construction d’un projet de naissance qui tienne compte des besoins psychologiques et physiologiques des parents et de l’enfant permet aux futurs parents, mais surtout à la mère, de s’approprier du processus délicat qu’est l’accouchement.

En tant que mère pratiquant ces choix, je suis aussi sensibilisée à un mode de consommation raisonné et raisonnable. Le respect de la nature est aussi une priorité pour moi et inspire souvent mes préférences en matière d’éducation et de mode de relation avec mes enfants. Néanmoins, respect de la nature ne veut pas non plus dire « naturalisation » de l’identité de genre. Il ne faudrait pas confondre le style de parentage que je défends, qui est basé sur l’empathie et le respect des sentiments et besoins de l’enfant avec un quelconque paradigme basé sur « l’instinct maternel ».

Personnellement, l’idée que l’on puisse prôner le fait de « suivre son instinct maternel » me semble une source inépuissable de culpabilisation des mères qui ne ressententent pas cet « instinct ». Je suis sûre que nous n’en ressentons pas. Nous l’apprenons et nous l’agissons… et nous sommes libres de le choisir.

Ma démarche est un choix conscient, réfléchi, orienté par la jouissance de la proximité avec l’autre. Il diffère, d’un autre style de parentage axé sur la performance et cette performance est mesuré en fonction du moindre impact sur la vie des adultes (moins de pleurs, moins de réveils nocturnes et, en général, moins de ‘contraintes’ sur le corps des parents, surtout de la mère) et es basé sur la croyance que l’on doit « apprendre l’autonomie » à un jeune enfant. Or, d’après mon expérience, pratiquer un parentage basé sur l’empathie nous a permis à mon mari et à moi-même d’avoir moins de pleurs et de réveils nocturnes ou autres « contraintes » : Pas de biberons à laver, stériliser, la possibilité de dormir en allaitant,… Bref, tout des exemples qui facilitent la vie.
Ces choix émanent souvent, d’une réflexion de la part de parents conscients, qui refusent d’ailleurs que seuls ceux qui font partie de la sphère médicale ou psy se croient les seuls à jouir d’outils de réflexion.
Comme pour toute pratique sociale, il est primordiale que les parents qui se sentent attirés par ces alternatives puissent côtoyer des modèles qui leur permettent d’intégrer ces pratiques comme étant adéquates ainsi que pour acquérir une certaine technique, notamment en matière d’allaitement et portage.

Je me dis mère insoumise car je refuse de me soumettre à une idée figée et normative de la maternité, de ce que je serai censé sentir ou faire en tant que mère et en tant que femme. Je veux tout simplement vivre cette expérience d’une manière épanouissante et cela passe par une profonde remise en question de ce que la société attend des femmes, des modèles féminins.

Je ne me reconnais pas en la mère courage qui fait que ce que son enfant lui demande, lui exige… Je ne me reconnais pas non plus dans le modèle de la professionnelle carriériste pleine de succès, mince et avec un brushing toujours impeccable… encore moins dans la superwoman qui a des enfants parfaits, qui mène son ménage de main de maitre et qui enchaine voyages d’affaires et promotions chaque année!

Qui me suit?

Comment éviter une épisiotomie

Le meilleur moyen d’y échapper c’est, évidement de bien prendre sa pilule, tous les jours à la même heure! Mais, bon… si vous lissez ces lignes, c’est que, peut être, c’est déjà trop tard pour ce conseil… Bon, alors, recommençons : Félicitations! C’est pour quand?

Le quart d’heure d’humour fini, passons aux choses sérieuses… et rien, mesdames, ne pourrait jamais être plus sérieux que notre intégrité physique. Il s’agit, précisément de ça : préserver notre corps d’une intervention chirurgicale qui nous est souvent présentée comme bénigne et anodine, mais qui s’avère, dans l’immense majorité des cas innécessaire, fruit d’une pratique archaïque et déshumanisante de la médecine.

Le premier conseil pour éviter l’épisiotomie, c’est de préférer un accouchement auprès d’une sage-femme libérale que d’un gynécologue. Les sages-femmes libérales prônent un accompagnement centré autour des besoins physiologiques de la femme. Le gynécologue est formé pour déceler et palier les pathologies, sa pratique s’oriente vers les problèmes et la plupart d’entre eux vont préférer « ne pas courir de risque » et pratiquer une épisiototmie, même si elle n’est pas nécessaire… c’est qu’ils sont formés pour gérer le risque…

Deuxième conseil : assurez vous que, lors de l’accouchement, vous allez pouvoir bouger librement. Accoucher dans une position que votre corps vous dicte est aussi synonyme d’écouter ses rythmes, de ne pas brusquer vos tissus, de ne pas violenter votre corps. Encore mieux si vous pouvez prendre un bain, et si vous accouchez dans l’eau… super! Il y a aussi moyen d’appliquer de huile d’amande douce sur le périnée, au moment de l’expulsion… ça aide, ça aussi!

Troisième conseil : si vous n’avez pas pu trouver une sage-femme libérale et que vous n’avez qu’un gynécologue à votre disposition, dites-lui clairement que vous préférez déchirer que d’être coupée. Ne le croyez pas s’il vous dit « je ne pratique des épisiotomies que quand c’est nécessaire » sauf s’il est capable de vous le prouver avec des statistiques fiables de l’ensemble de ses accouchements. Rappelez-vous, pour un gynécologue, la nécessité découle de son conditionnement par rapport aux risques… (et du fait que tout acte chirurgical qu’il pose compte sur la facture…). Si vous pouvez prendre la position que votre corps vous dicte, il est peu probable que vous déchiriez, et même dans ce cas-là, une déchirure suit « l’architecture » des tissus. Une coupure est, certes, plus facile à suturer, mais pas plus facile ( pour votre corps) à cicatriser! d’ailleurs, une épisiotomie ne garantit pas, non plus, que vous n’aillez pas avoir EN PLUS une déchirure. Les deux peuvent se cumuler!!!

Quatrième conseil : toujours au cas où vous n’avez pas le choix et que c’est un gynéco qui « vous accouche » Dites à votre compagnon (compagne? pourquoi pas?) de s’y interposer physiquement si nécessaire au cas où il s’apprêterait à prendre les ciseaux!

Cinquième conseil : pensez que si on vous coupe, vous n’avez pas la moindre chance d’éviter cette blessure et les points de suture qui en suivent… si, par contre, on vous laisse faire, vous avez des très bonnes possibilités de vous en sortir indemne!!!

Belle grossesse à vous!

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