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Pourquoi je suis une mère insoumise

Selon certains auteurs, l’accouchement non-médicalisé, l’allaitement long, le cododo, seraient des pratiques dangereuses, voire déviantes.
La promotion de celles-ci serait une sorte d’encouragement à la relégation de la femme dans la sphère reproductive, un retour en arrière.
Je suis convaincue que ces pratiques sont surtout une forme de résistance à un modèle relationnel individualiste et compétitif, où la qualité des rapports est évaluée à partir du point de vue de la performance.
D’après mon vécu de mère et de féministe, ces choix parentaux sont complètement compatibles avec une vie « moderne » et ils permettent une implication des hommes dans la sphère de la reproduction, traditionnellement assimilée à la féminité.
En effet, ces choix en matière de parentalité visent à créer et maintenir un lien intense entre parents et enfants pour un épanouissement de tous les membres de la famille.
Un père peut s’impliquer autrement qu’en donnant un biberon : assumer des tâches domestiques plus étendues et à plus long terme nous semble un signe d’implication aussi (voire plus) précieux que de nourrir un bébé. Se lever la nuit pour bercer et rassurer ses enfants peut se faire en parallèle avec un allaitement exclusif.
De même, le protagonisme du couple dans la construction d’un projet de naissance qui tienne compte des besoins psychologiques et physiologiques des parents et de l’enfant permet aux futurs parents, mais surtout à la mère, de s’approprier du processus délicat qu’est l’accouchement.

En tant que mère pratiquant ces choix, je suis aussi sensibilisée à un mode de consommation raisonné et raisonnable. Le respect de la nature est aussi une priorité pour moi et inspire souvent mes préférences en matière d’éducation et de mode de relation avec mes enfants. Néanmoins, respect de la nature ne veut pas non plus dire « naturalisation » de l’identité de genre. Il ne faudrait pas confondre le style de parentage que je défends, qui est basé sur l’empathie et le respect des sentiments et besoins de l’enfant avec un quelconque paradigme basé sur « l’instinct maternel ».

Personnellement, l’idée que l’on puisse prôner le fait de « suivre son instinct maternel » me semble une source inépuissable de culpabilisation des mères qui ne ressententent pas cet « instinct ». Je suis sûre que nous n’en ressentons pas. Nous l’apprenons et nous l’agissons… et nous sommes libres de le choisir.

Ma démarche est un choix conscient, réfléchi, orienté par la jouissance de la proximité avec l’autre. Il diffère, d’un autre style de parentage axé sur la performance et cette performance est mesuré en fonction du moindre impact sur la vie des adultes (moins de pleurs, moins de réveils nocturnes et, en général, moins de ‘contraintes’ sur le corps des parents, surtout de la mère) et es basé sur la croyance que l’on doit « apprendre l’autonomie » à un jeune enfant. Or, d’après mon expérience, pratiquer un parentage basé sur l’empathie nous a permis à mon mari et à moi-même d’avoir moins de pleurs et de réveils nocturnes ou autres « contraintes » : Pas de biberons à laver, stériliser, la possibilité de dormir en allaitant,… Bref, tout des exemples qui facilitent la vie.
Ces choix émanent souvent, d’une réflexion de la part de parents conscients, qui refusent d’ailleurs que seuls ceux qui font partie de la sphère médicale ou psy se croient les seuls à jouir d’outils de réflexion.
Comme pour toute pratique sociale, il est primordiale que les parents qui se sentent attirés par ces alternatives puissent côtoyer des modèles qui leur permettent d’intégrer ces pratiques comme étant adéquates ainsi que pour acquérir une certaine technique, notamment en matière d’allaitement et portage.

Je me dis mère insoumise car je refuse de me soumettre à une idée figée et normative de la maternité, de ce que je serai censé sentir ou faire en tant que mère et en tant que femme. Je veux tout simplement vivre cette expérience d’une manière épanouissante et cela passe par une profonde remise en question de ce que la société attend des femmes, des modèles féminins.

Je ne me reconnais pas en la mère courage qui fait que ce que son enfant lui demande, lui exige… Je ne me reconnais pas non plus dans le modèle de la professionnelle carriériste pleine de succès, mince et avec un brushing toujours impeccable… encore moins dans la superwoman qui a des enfants parfaits, qui mène son ménage de main de maitre et qui enchaine voyages d’affaires et promotions chaque année!

Qui me suit?

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